À quoi ressemblera l’avenir de la livraison rapide… dans l’espace ? Alors qu’Amazon a imposé la livraison dans la journée sur Terre, une startup américaine, Impulse Space, promet de bouleverser le secteur spatial avec une promesse similaire : acheminer des satellites jusqu’à l’orbite géostationnaire (GEO) en quelques heures. Mais est-ce vraiment possible d’accélérer à ce point une étape réputée lente et complexe ? Et pourquoi maintenant ?
En l’espace de quelques jours, Impulse Space a annoncé une pluie de contrats. Quels enjeux se cachent derrière ces trois nouveaux deals ? Parmi eux, une mission de démonstration avec Anduril pour 2026, le transport ultra-rapide de satellites pour Astranis en 2027, et enfin un accord de plusieurs lancements pour amener les engins de maintenance d’Infinite Orbits sur l’orbite géostationnaire. Qui peut vraiment profiter de ce bond en avant : les opérateurs privés ou la défense ?
Mais comment Impulse Space est-elle montée aussi vite en puissance ? Fondée en 2021 par Tom Mueller, ancien responsable de la propulsion chez SpaceX — l’homme derrière les moteurs Merlin et Raptor — la société s’est spécialisée dans le transport spatial, notamment la « livraison du dernier kilomètre » en orbite basse, ainsi que le transfert éclair vers GEO. Les ambitions sont affichées, à coup de références à la rapide logistique terrienne, mais donneront-elles des résultats concrets ?
L’espace devient un terrain de compétition ultrarapide : les acteurs capables de livrer en orbite haute en quelques heures prendront-ils le contrôle du secteur ?
Derrière ces contrats, un nom surgit : Helios. Ce « kick stage » propulsé au méthane et à l’oxygène agit comme un mini-lanceur embarqué sur une fusée classique, capable, grâce à son puissant moteur Deneb, de donner au satellite l’accélération finale jusqu’à l’orbite géostationnaire. Mais le pari est-il réaliste, alors que franchir les ceintures de radiation de Van Allen et tenir la position précise à 36 000 km reste un défi technique majeur ? Les opérateurs privés comme les militaires américains misent pourtant gros sur cette capacité à « manœuvrer sans regret », c’est-à-dire à déplacer leurs satellites rapidement, sans sacrifier ni mission ni carburant.
La collaboration avec Anduril, qui se concentre sur l’observation et la navigation de précision, vise déjà la surveillance rapprochée d’objets spatiaux. Un service qui intéresse tout particulièrement l’US Space Force dans le contexte explosif de la militarisation de l’orbite géostationnaire. Mais au-delà de la défense, c’est tout le secteur commercial qui observe la manœuvre : Astranis entend accélérer la mise en service de ses satellites Internet après un simple passage en orbite basse sur une Falcon 9 de SpaceX, suivi d’un « coup de pouce » de Helios. À la clé : une mise en service de la connectivité en moins de 24 heures pour certains clients.
Impulse Space n’oublie pas l’appétit européen et multiplie les contrats avec Infinite Orbits pour lancer en mode « ride-share » plusieurs petits satellites de maintenance via son offre « Caravan », sur le modèle des campagnes mutualisées de SpaceX. Le premier lancement est déjà complet pour 2026. Cette stratégie de mutualisation, n’est-ce pas là l’émergence d’un nouveau standard pour démocratiser l’accès à GEO ?
Alors que la majorité de la croissance spatiale récente s’est concentrée sur l’orbite basse, le retour en grâce de GEO, porté par des solutions ultrarapides, bouleversera-t-il la dynamique du secteur ? Impulse Space réussira-t-elle là où la lourdeur des procédures semblait s’imposer ? L’espace deviendra-t-il l’eldorado de la livraison express, ou les promesses se heurteront-elles, une fois encore, aux limites technologiques de l’homme ?
Source : Techcrunch




