A train station with purple lights on the walls

Credits image : Andrea De Santis / Unsplash

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Starbase : la ville de SpaceX peut-elle vraiment déléguer sa sécurité à un comté ?

Starbase, la nouvelle ville texane construite autour des ambitions spatiales de SpaceX, peut-elle vraiment exister sans une police « à elle » ? Ou bien l’ordre public doit-il fatalement reposer sur des arrangements extérieurs ?

Au cœur du désert texan, cette cité singulière vient de franchir un pas décisif : elle n’a pas fondé sa propre force de police, mais a signé des accords formels avec le Comté de Cameron afin que ses shérifs patrouillent officiellement ses routes et plages. Est-ce une solution pérenne ou une exception taillée sur mesure pour cette enclave de SpaceX, où les résidents sont pour la plupart employés par l’entreprise d’Elon Musk ?

Derrière ces contrats discrets, une réalité se dessine : huit adjoints du shérif seront assignés à Starbase, bien que seulement deux patrouillent à la fois. Une organisation minimale, mais suffisante pour cette ville atypique où le nombre d’habitants reste faible et étroitement lié aux activités spatiales. Ce modèle, courant dans certaines petites villes texanes, n’en reflète pas moins une volonté d’installer un système judiciaire prêt à l’emploi, sans les contraintes lourdes de la création d’un service local ex nihilo.

En externalisant la sécurité publique, Starbase s’offre les services d’un comté… mais à quel prix, et pour quelle indépendance ?

Le marché ne s’arrête pas là : Starbase paiera également 100 dollars par jour pour chaque détenu incarcéré dans les prisons du comté, couvrant au passage les éventuels frais médicaux ou psychiatriques. Et surtout, la ville pourra s’offrir plus de shérifs en cas « d’événements spéciaux » — comprenez : lors des lancements de la fusée Starship, lorsque la petite plage de Boca Chica est envahie par des foules de spectateurs. Est-ce là la marque d’une cité véritable ou le signe qu’on a affaire à une ville-vitrine montée pour satisfaire les besoins d’une entreprise privée ?

Tout, ici, entérine le caractère hors-norme de Starbase. Certes, une mairie et des commissaires ont été nommés pour donner le change institutionnel, mais la réalité du maintien de l’ordre reste l’affaire du Comté de Cameron. Les bandes des caméras-piétons et autres documents officiels restent propriété du comté, et toute plainte contre la police locale devra passer… par ses propres voisins, employés du comté. Plus qu’un village pionnier, Starbase apparaît alors comme une création hybride, entre enclave industrielle et collectivité sous-traitée.

Dans ce contexte, peut-on parler d’une authentique autonomie municipale pour Starbase ? Ou bien ce modèle consacre-t-il la puissance d’un acteur privé capable d’imposer ses règles, tout en déléguant la responsabilité des tâches régaliennes ?

À l’heure où d’autres géants de la tech rêvent de bâtir leurs propres villes, le cas Starbase offre une première réponse – mais pose une ultime question : cette externalisation du maintien de l’ordre n’ouvre-t-elle pas la porte à de nouveaux rapports entre entreprises, pouvoirs publics… et citoyens ?

Source : Techcrunch

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