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Credits image : Jo Lin / Unsplash

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Meta exploite-t-il notre vie privée sous couvert d’édition photo intelligente ?

Quelles sont les véritables ambitions derrière la nouvelle fonctionnalité de Facebook, qui propose désormais à ses utilisateurs américains et canadiens des suggestions d’édition de photos grâce à l’intelligence artificielle ? Est-ce simplement un outil créatif ou s’agit-il d’une nouvelle étape dans l’extraction massive de données personnelles ?

Depuis cet été, de plus en plus de notifications surgissent chez certains membres : Facebook souhaite accéder à vos photos non publiées pour « proposer des idées créatives », allant de collages à des retouches IA en passant par des montages thématiques. Mais à quoi cette demande d’accès, sous couvert d’originalité et de praticité, nous prépare-t-elle réellement ?

Le processus est particulièrement frontal : pour que Meta puisse suggérer ces modifications, il faut lui autoriser l’envoi régulier de clichés sur ses serveurs. Meta promet que vos images ne seront pas exploitées à des fins publicitaires et qu’elles ne serviront pas à l’entraînement de leurs modèles IA sans action de votre part, comme l’édition ou le partage. Mais comment être sûr que l’analyse de nos visages, de nos relations et des moments intimes capturés ne sera jamais détournée ?

En permettant à Meta d’analyser nos photos privées, ouvrons-nous sans le vouloir la porte à une exploitation encore plus vaste de notre vie numérique ?

Il est intéressant de noter que l’activation de ces suggestions n’est pas irréversible : un utilisateur peut choisir de mettre fin à tout moment à cette collecte. Toutefois, en acceptant les conditions d’utilisation de l’IA de Meta, chaque photo soumise peut être scrutée, modifiée ou résumée par les algorithmes de la firme. Ces traitements alimentent ensuite la capacité de Meta à générer de nouveaux contenus ou à affiner ses recommandations… avec, en prime, la date, les objets et les personnes présentes dans vos images ! Sommes-nous réellement conscients de cette extension du champ de vision de Meta sur notre existence ?

Derrière cette opération, une autre question se pose : Meta, en collectant toujours plus d’informations sur les instants non partagés de votre vie, ne cherche-t-il pas à s’armer pour la course effrénée à l’IA, en exploitant nos habitudes, nos cercles d’amis, nos émotions capturées ? Quand l’appareil photo de votre téléphone devient un tuyau permanent vers les serveurs du groupe, qui détient le contrôle sur vos souvenirs, une fois édités par une IA extérieure ?

Pour ceux qui désirent paramétrer leur confidentialité, la marche à suivre est subtile : au sein des « Préférences » du menu Facebook, il faut jouer avec deux interrupteurs. Le premier active les suggestions depuis votre galerie, et le second, plus inquiétant, permet ou non la « cloud processing » – la véritable clé de l’accès aux créations IA à partir de vos images privées. Le processus est-il suffisamment transparent pour permettre un consentement éclairé ?

À l’échelle mondiale, Meta a depuis longtemps assumé vouloir entraîner ses IA sur la base de photos et commentaires partagés publiquement. Mais cette nouvelle étape va-t-elle trop loin, en confondant sphère privée et impératif industriel d’innovation ? Lorsque nos souvenirs deviennent aussi les briques d’un empire numérique, la frontière entre créativité, personnalisation et exploitation est-elle désormais abolie ?

Source : Techcrunch

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