La sécurité nationale américaine doit-elle passer par une révolution dans le secteur des drones ? Telle est la question qui secoue aujourd’hui l’écosystème technologique suite à la récente annonce de la Federal Communications Commission (FCC), sous l’administration Trump, d’interdire la distribution de tous les nouveaux modèles de drones fabriqués à l’étranger sur le sol des États-Unis. Mais peut-on réellement juger le risque sur la simple origine du matériel ? Et quels acteurs cette mesure cible-t-elle en réalité ?
Selon un communiqué officiel diffusé lundi, la FCC affirme que « des criminels, des acteurs étrangers hostiles et des terroristes » pourraient exploiter les drones étrangers pour menacer la sécurité du pays. C’est ainsi que la fameuse « Covered List » s’est enrichie de nouvelles entrées, intégrant dorénavant tous les UAS et composants critiques venus de l’étranger. Est-ce le reflet d’une menace avérée ou le symptôme d’une crispation géopolitique grandissante ?
Brendan Carr, président de la FCC, a salué cette décision comme une étape clé pour l’autonomie technologique américaine, garantissant vouloir travailler étroitement avec les fabricants nationaux afin d’« ouvrir la voie à la suprématie américaine dans le domaine des drones ». Mais est-ce vraiment une opportunité pour les fabricants locaux ou une barrière dressée contre la concurrence internationale, en particulier chinoise ? En effet, selon de nombreux observateurs, la cible principale de cette mesure ne serait autre que DJI, leader incontesté du marché mondial et marque préférée de nombreux consommateurs américains.
La guerre des drones ne se joue-t-elle pas désormais autant dans les airs que dans les arènes politiques ?
La réaction de DJI ne s’est pas fait attendre. La société déplore la décision de la FCC, rappelant n’avoir reçu aucune information claire sur les motifs précis de cette inscription sur liste noire, tout en réaffirmant son engagement pour un marché ouvert et transparent. Les produits DJI, régulièrement contrôlés par des agences gouvernementales américaines, seraient parmi les plus sûrs du secteur. Peut-on alors imaginer une justification technique solide, ou s’agit-il avant tout d’un coup porté à la domination chinoise dans le secteur technologique ?
L’offensive américaine contre les entreprises technologiques chinoises ne date pas d’hier : Donald Trump, lors de ses mandats successifs, a multiplié les mesures protectionnistes, des limites sur les puces Nvidia exportées à la Chine à ce nouveau bras de fer sur les drones. Avec un objectif affiché : renforcer la production intérieure tout en protégeant la chaîne d’approvisionnement nationale de toute influence étrangère. Mais les consommateurs et professionnels américains, habitués à la fiabilité des produits asiatiques, seront-ils prêts à changer leurs habitudes si subitement ?
Alors que la rivalité sino-américaine s’intensifie sur de multiples fronts, la décision de la FCC marque-t-elle le début d’une ère où les technologies importées deviendront synonymes de méfiance ? Ou bien assisterons-nous à l’émergence d’une nouvelle donne, où la sécurité nationale primera systématiquement sur la compétitivité et l’innovation ouverte ?
En fin de compte, une politique d’interdiction est-elle le meilleur moyen de garantir la sécurité, ou risquons-nous d’enfreindre la liberté de choix technologique des consommateurs américains au nom de la souveraineté numérique ?
Source : Techcrunch




