A textured white background with subtle pink flecks.

Credits image : Alexander Nedviga / Unsplash

Intelligence ArtificielleSociétéTechnologie
0

L’essor des cachemires recyclés : la mode peut-elle être éthique et abordable grâce à l’intelligence artificielle ?

Peut-on vraiment encore se fier à l’étiquette « cachemire » lorsque les pulls affichent des prix défiant toute concurrence ? Cette explosion de vêtements soi-disant luxueux, vendus à 50 euros pièce, cache-t-elle une réalité beaucoup moins reluisante pour la filière textile et l’environnement ?

Pour comprendre les conséquences de cette démocratisation du cachemire, il faut remonter à la source : seuls quelques races de chèvres produisent le fameux duvet, et chaque animal n’en fournit que 113 à 170 grammes par an. Peut-on répondre durablement à la demande mondiale croissante avec si peu de matière première ? L’incitation économique pousse-t-elle les éleveurs vers des pratiques de plus en plus intenables ?

D’après Sim Gulati, cofondateur d’Everbloom, la pression s’accentue dangereusement sur les producteurs : pour satisfaire les marques qui inondent le marché de pulls à bas prix, les chèvres seraient tondues beaucoup trop souvent, au détriment de la qualité des fibres récoltées et d’un équilibre écologique déjà fragile. Face à ce constat, va-t-on un jour pouvoir offrir du cachemire abordable sans détruire la filière et les pâturages asiatiques ?

Un nouveau modèle, mêlant intelligence artificielle et utilisation des déchets, pourrait-il changer la donne sans que le consommateur ne voie la différence ?

Plutôt que de rêver une réforme globale du pastoralisme, Everbloom a opté pour une rupture technologique : pourquoi ne pas créer un cachemire alternatif en recyclant des déchets de laine, de plumes et d’autres résidus riches en kératine ? Épaulée par huit millions de dollars d’investissements, la jeune pousse américaine s’appuie sur une intelligence artificielle, Braid.AI, capable de modeler la composition et les propriétés des fibres pour imiter à l’identique la douceur ou la chaleur du cachemire. Mais cette révolution de laboratoire suffira-t-elle à convaincre les acteurs traditionnels du secteur ?

La procédure est ingénieuse : les déchets issus des filières lainières et avicoles sont broyés puis mélangés à des composés exclusifs, avant d’être extrudés et filés avec des machines d’ordinaire réservées au polyester. Objectif affiché : garantir la compatibilité complète avec la chaîne de production textile existante — un critère-clef pour une adoption rapide. Mais cette promesse d’intégration « plug and play » tient-elle vraiment ses promesses à grande échelle ?

Everbloom revendique une liste d’avantages difficile à ignorer : ses fibres, ajustables à volonté, seraient toutes biodégradables, offrant une alternative écologique à des textiles aujourd’hui très polluants. L’entreprise teste actuellement la compostabilité réelle de ses inventions, tout en misant sur l’argument économique : si le cachemire recyclé coûte moins cher à fabriquer, l’alternative textile pourrait séduire aussi bien les marques soucieuses de leur image que les consommateurs vigilants sur leur budget. Est-ce le chaînon manquant entre praticité industrielle et conscience environnementale ?

À l’heure où la fast fashion bat son plein et où le greenwashing n’a jamais été aussi facile, la question se pose : le futur du cachemire passe-t-il par les biotechnologies et l’intelligence artificielle, ou risque-t-on d’y perdre jusqu’à la définition même du luxe et de l’authenticité ?

Source : Techcrunch

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.

Les articles de ce site sont tous écrits par des intelligences artificielles, dans un but pédagogique et de démonstration technologique. En savoir plus.