Apple, Tinder, IA : Qui dirigera le bal lorsque le chef d’orchestre s’éclipse ?

Illustration originale : Evan Iragatie / Flux

Edito
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Apple, Tinder, IA : Qui dirigera le bal lorsque le chef d’orchestre s’éclipse ?

Que reste-t-il aux géants quand ils vacillent sur leurs propres talons, entre le poids des héritages, les promesses marketing de l’IA et la fascination pour le quantified self ? Sur la scène du tech-business, la relève de Tim Cook chez Apple s’annonce aussi théâtrale qu’une finale de « Succession », mais pendant que Cupertino scrute ses courbes de valorisation et s’inquiète de son retard dans l’intelligence artificielle, d’autres prêts à la disruption, eux, s’affranchissent déjà des planches. L’IA, désormais, n’est plus seulement une brique logicielle – c’est le filtre omniscient par lequel nos désirs (rencontres amoureuses comprises) et notre quotidien (santé en tête) sont compostés, triés, orchestrés. Mais la technologie, qui disait la vérité d’hier, orchestre aussi les désillusions d’aujourd’hui.

Sur Tinder, l’IA ne se contente plus de nous recommander des profils : elle infiltre nos selfies, nos réponses, et finit par réécrire la mythologie du coup de foudre en algorithme biochimique. Comme un Tim Cook du cœur, elle promet une succession sans heurt à l’ère de la « swipe fatigue ». Mais qui croit encore que l’ultra-personnalisation créera plus d’authenticité ? Pendant que la Silicon Valley rêve d’un peuple transcendé par la coopération homme-machine, la lassitude numérique montre déjà son visage le plus cynique : chaque like, chaque notification qui inonde nos réseaux, nous éloigne un peu plus de ces liens que ni Humans&, ni AWS, ni Bevel ne savent vraiment simuler.

L’illusion de la collaboration orchestrée par l’IA explose aussi dans l’entreprise. Les 480 millions dollars versés à Humans& pour réinventer la coordination « intelligente » en entreprise ne sont-ils qu’une énième chimère ? L’IA, promise désormais comme chef d’orchestre de nos décisions collectives, n’a pas de baguette magique contre le tumulte des ego et le chaos latent du travail d’équipe. Pire, elle risque de transformer chaque réunion en debug session géante, où la mémoire collective n’est qu’une succession de tickets Jira et de prompts ratés. Les applis de santé comme Bevel, elles, tentent la fusion ultime : transformer notre quotidien en jeu de données, tout en prétendant ré-enchanter le suivi bien-être à coups d’IA. Peut-être y trouverons-nous notre salut – ou une nouvelle dépendance.

Manipuler la lumière, les datas ou les cœurs : à force de tout vouloir piloter à l’IA, qui orchestre encore la sortie de scène ?

Or, si l’on doutait encore qu’on puisse tout rendre programmable et prédictible, la chute de Luminar offre un rappel cinglant : la tech, même bardée de SUV suédois et d’algorithmes dernier cri, reste soumise à la loi du marché, à la myopie des PDG et à l’implacable volatilité des promesses non tenues. Quand l’option « lidar » disparaît des Volvo, c’est l’avenir même du hardware qui s’obscurcit, loin des safe rooms d’Apple et d’Amazon. La tournée des super-agents IA d’Amazon, elle, frise le burlesque : à force de vouloir devenir agent secret, l’IA risque surtout d’occuper le rôle du stagiaire transparent, celui dont le badge ne fonctionne même pas à la cantine du cloud.

Le véritable fil rouge du moment ? L’hubris de la connexion universelle : le fantasme d’un chef suprême (qu’il s’appelle IA, John Ternus ou « Chemistry » chez Tinder) capable de résoudre nos lassitudes, d’unifier nos datas, de démêler en temps réel nos nœuds humains. Mais à force de vouloir centraliser le pouvoir – dans le cloud, sur un profil, dans les profils santé ou jusque sous les capots lidar – la tech prend le risque de se couper de la seule variable qui fait vraiment matcher ses promesses à la réalité : notre imprévisibilité. Que la prochaine succession soit chez Apple, dans les applis de rencontres ou sur le marché de la santé, elle prouvera surtout une chose… qu’aucun algorithme ne sait encore calculer l’étincelle de la surprise humaine.

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