Comment une entreprise innovante comme OpenAI gère-t-elle réellement la diversité des opinions dans ses rangs et la transparence de ses décisions ?
C’est la question qui se pose depuis que Ryan Beiermeister a été licenciée de son poste de vice-présidente de la politique produit chez OpenAI, d’après une révélation du Wall Street Journal. Ce limogeage n’est pas anodin : il fait suite à l’accusation de discrimination sexuelle portée contre elle par un collègue masculin. Mais cette accusation est-elle fondée, ou cache-t-elle d’autres enjeux internes liés à la contestation de certaines orientations produits ?
Beiermeister, qui s’est exprimée auprès du Journal, nie catégoriquement les faits qui lui sont reprochés : « L’allégation selon laquelle j’aurais discriminé qui que ce soit est absolument fausse », clame-t-elle. OpenAI, pour sa part, reste silencieux : ni l’entreprise ni Beiermeister n’ont répondu aux questions de TechCrunch au moment de la publication. S’agit-il d’une volonté d’apaiser une polémique grandissante, ou d’une difficulté à gérer sa communication de crise ?
Une polémique sur un licenciement soulève des questions sur la gestion de la contestation chez OpenAI.
D’après l’enquête du Wall Street Journal, le véritable déclencheur de cette histoire serait la prise de position de Beiermeister concernant l’introduction d’un « adult mode » sur ChatGPT, c’est-à-dire une fonctionnalité permettant d’inclure des contenus érotiques parmi les réponses du célèbre chatbot. Pourquoi cette piste controversée a-t-elle été retenue, malgré le scepticisme exprimé par certaines personnes au sein de l’équipe ? Fidji Simo, la CEO des applications OpenAI, a d’ailleurs confirmé à la presse que cette nouveauté controversée devrait arriver dès le premier trimestre de cette année.
Beiermeister n’est pas la seule à s’être inquiétée de ce virage stratégique. Plusieurs employés, selon le rapport, auraient exprimé leur malaise quant aux conséquences de cette fonctionnalité adulte pour certains utilisateurs. L’entreprise veut-elle à tout prix repousser les limites pour conserver son avance, quitte à étouffer les critiques internes ?
Officiellement, OpenAI affirme pourtant que le renvoi de Beiermeister—après un arrêt maladie—n’aurait rien à voir avec les sujets qu’elle a soulevés dans l’exercice de ses fonctions. « Elle a apporté des contributions précieuses durant son passage chez OpenAI, et son départ n’est pas lié à des préoccupations évoquées durant sa mission », assure l’entreprise. Peut-on y croire alors que la chronologie des faits soulève de nombreuses interrogations ?
Que nous apprend finalement le parcours de Beiermeister, ancienne de Meta et de Palantir, sur la culture interne d’OpenAI ? Le traitement de cette affaire laisse-t-il présager d’un climat de dialogue constructif ou, au contraire, d’une pression pour se conformer à la ligne officielle ?
Source : Techcrunch




