soap bubbles floating in a pool of water

Credits image : Yasmina Black / Unsplash

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L’intelligence artificielle, bulle spéculative ou révolution maîtrisée ?

Le secteur de l’intelligence artificielle se trouve-t-il plongé dans une bulle qui pourrait bientôt éclater ? Faut-il s’inquiéter de l’optimisme agressif des géants de la tech, ou s’agit-il d’une course inévitable vers l’innovation ? Lors d’une récente intervention au DealBook Summit du New York Times, Dario Amodei, PDG d’Anthropic, a brouillé les cartes sur ce sujet brûlant, refusant de se prononcer franchement sur l’existence d’une bulle, mais pointant du doigt les risques inhérents à ce secteur en mutation rapide.

Pourquoi tant de prudence ? Amodei, contrairement à certains concurrents visés sans être nommés (mais tout le monde comprend qu’il s’agit d’OpenAI), préfère exposer la complexité du paysage économique de l’IA plutôt que d’apporter un simple oui ou non. Son discours, oscillant entre enthousiasme assumé sur le potentiel technologique et mise en garde sur les décisions stratégiques des acteurs de la filière, nous invite à scruter de plus près la dynamique qui agite cette industrie.

Quels sont les véritables dangers qui pèsent sur les sociétés d’IA aujourd’hui ? Amodei admet que la compétition pousse à prendre des risques (« YOLO-ing », comme il le dit lui-même), parfois inconsidérés, en particulier pour tenir tête à des concurrents internationaux comme la Chine. Il soulève aussi le problème de l’incertitude autour de la rentabilité économique à court et moyen terme, alors que les entreprises investissent massivement dans les infrastructures, notamment les data centers, sans certitude sur la rapidité du retour sur investissement.

« L’économie de l’IA repose sur un fil : prendre des risques calculés ou risquer l’effondrement. »

Sommes-nous face à une « bulle technologique » ou à une réinvention structurelle du capitalisme technologique ? Le débat s’enflamme autour de la durée de vie des GPU : à quel rythme deviennent-ils obsolètes ? Si les nouvelles puces plus rapides et moins chères débarquent trop fréquemment, les investissements colossaux risquent d’être anéantis en quelques années. Amodei, prudent, affirme qu’Anthropic fonctionne avec des hypothèses conservatrices pour minimiser le choc si le marché se retourne.

Peut-on pour autant ignorer l’euphorie des chiffres ? Croissance du chiffre d’affaires multipliée par dix chaque année chez Anthropic, recettes passant de zéro à un milliard de dollars en deux ans… Mais jusqu’où cette trajectoire fulgurante peut-elle tenir ? Amodei lui-même admet qu’il serait « vraiment stupide » de la considérer comme acquise pour l’avenir. Et comment prévoir les besoins en calcul, alors que trop investir expose à un risque de banqueroute, et trop peu d’investissement fait courir le risque de ne pouvoir servir la clientèle ?

La pression de la compétition est telle que certains, à l’instar d’OpenAI, envisagent l’intervention des pouvoirs publics pour garantir (voire socialiser) les risques. Est-il sain que le contribuable puisse être mis à contribution si les paris les plus fous de la Silicon Valley tournent court ?

Face à ces enjeux, la voie de la prudence tracée par Amodei suffira-t-elle à résister à la tentation du « big bet » de la part de ses rivaux ? Jusqu’à quel point le secteur saura-t-il s’autoréguler, alors que l’appât du gain et l’effet de mode poussent à tous les excès ?

Le véritable danger viendra-t-il de la technologie elle-même… ou de la gestion irréfléchie de ses promesses économiques ?

Source : Techcrunch

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