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Robinhood peut-il vraiment démocratiser l’investissement dans les startups ?

Pourquoi les investisseurs individuels restent-ils si largement exclus du monde prestigieux des startups, alors même que des plateformes telles que Robinhood prétendent ouvrir les portes de cet univers longtemps réservé à une élite financière ? En regardant de près la récente initiative Robinhood Ventures Fund I, on s’interroge : à quel point s’agit-il réellement d’une révolution pour l’accès aux investissements privés ?

Robinhood, synonyme de la démocratisation de la bourse américaine, a annoncé en grande pompe son fonds dédié aux startups, rassemblant huit sociétés prometteuses comme Databricks, Stripe, Oura ou Revolut. L’ambition affichée était haute : lever 1 milliard de dollars auprès du grand public. Pourtant, la collecte s’est arrêtée à 658,4 millions de dollars, et l’introduction en bourse a immédiatement été sanctionnée par une chute de 16% du cours de l’action. Est-ce le signe que le modèle Robinhood, jadis acclamé pour son accès sans commission, trouve ici ses limites ?

À côté, Destiny Tech100, une autre initiative offrant, elle aussi, une exposition à de grandes startups (dont SpaceX, OpenAI, Discord), a cartonné dès son lancement : les investisseurs particuliers s’arrachent ses parts désormais cotées bien au-dessus de leur valeur réelle. Pourquoi un tel contraste entre deux produits aux promesses similaires ? Serait-ce que ce sont “les bonnes startups” qui font toute la différence ?

Le rêve d’inclure le public dans les sociétés technologiques les plus en vue reste, pour l’instant, largement théorique.

En creusant, un élément saute aux yeux : Robinhood Ventures I ne contient justement pas OpenAI, SpaceX ni Anthropic, les noms qui font le plus rêver. Selon Sarah Pinto, présidente de Robinhood Ventures, la stratégie serait d’agrandir le portefeuille à 15 ou 20 entreprises de croissance “parmi les meilleures”, et l’intégration d’OpenAI est déjà évoquée publiquement. Mais une question persiste : est-ce vraiment possible d’accéder à la table des négociations (« cap table ») de ces géants de la tech ?

Dans la Silicon Valley, entrer sur la “cap table” d’une licorne comme SpaceX ou OpenAI exige soit l’aval de la société elle-même, soit l’acquisition, avec bénédiction, d’actions auprès d’actionnaires existants. À chaque étape, la barrière à l’entrée reste élevée. Sarah Pinto ne le cache pas : “Il est très difficile de rentrer dans ces sociétés, et les tours d’investissement coûtent très cher.” Même pour Robinhood, pionnier de la finance collaborative, la promesse s’annonce donc ardue à tenir.

Plus largement, on pourrait se demander si cette volonté de démocratiser l’investissement privé ne se heurte pas à la réalité des marchés : plus le prestige et le potentiel de croissance sont grands, plus l’accès va coûter cher… et rester restreint. Les petits porteurs peuvent-ils espérer autre chose que les miettes du festin ? Ou faut-il accepter que la Silicon Valley protège jalousement ses pépites jusqu’à leur entrée massive en bourse ?

La prochaine vague inclura-t-elle enfin ce nouvel investisseur tant courtisé ou restera-t-il prisonnier de produits édulcorés ? Laissons la question ouverte : Robinhood pourra-t-il vraiment offrir à ses utilisateurs un ticket d’entrée dans les plus grandes aventures technologiques de demain ?

Source : Techcrunch

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