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Uber et Rivian peuvent-ils réellement déployer des robotaxis à grande échelle d’ici 2031 ?

Rivian et Uber sont-ils vraiment prêts à transformer l’industrie du transport avec des robotaxis autonomes ? C’est la question qui se pose suite à l’annonce fracassante de leur nouveau partenariat autour de l’emblématique SUV R2. Pourquoi ce choix stratégique maintenant, et quels en sont les véritables enjeux pour ces deux géants de l’innovation ?

La promesse est impressionnante : Uber prévoit d’acheter 10 000 robotaxis auprès de Rivian, pour une valeur initiale de 300 millions de dollars, avec une mise en circulation prévue à San Francisco et Miami dès 2028. Mais peut-on se fier à des projections aussi ambitieuses alors que Rivian n’a même pas commencé la production du fameux R2 ? D’autant plus que le contrat prévoit jusqu’à 40 000 modèles supplémentaires à partir de 2030 — une commande qui porte sur plusieurs milliards de dollars.

Mais tout cela n’est-il qu’un pari risqué sur l’avenir ? Rivian doit encore terminer la construction de son usine en Géorgie et n’a pas, à ce jour, testé ni déployé de système de conduite autonome destiné spécifiquement à une flotte de robotaxis. Pourquoi Uber, qui a déjà multiplié les partenariats dans le secteur, mise-t-il autant sur cet acteur encore émergent de l’autonomie ? Et comment Rivian compte-t-il surmonter les défis techniques et industriels qui s’annoncent ?

Le marché du robotaxi s’annonce prometteur mais reste truffé d’obstacles technologiques, réglementaires et économiques.

Du côté de Rivian, l’obsession de l’autonomie n’est pas nouvelle. RJ Scaringe, son fondateur, a tout misé sur l’IA et l’apprentissage automatique pour hisser le constructeur dans la course mondiale à la mobilité autonome. Leur plateforme Autonomy, inaugurée sur les nouveaux modèles R1 en 2024, doit évoluer progressivement jusqu’à offrir une conduite automatisée sur la majorité des trajets, avec à terme la promesse d’un système « mains libres, yeux fermés » en 2027. Mais ces ambitions suffiront-elles à rassurer des investisseurs, alors que de récentes collaborations entre Uber et d’autres startups, comme Lucid Motors avec Nuro, peinent encore à faire leurs preuves ?

Le modèle Rivian R2, destiné à ces futurs robotaxis, ne sera équipé du matériel nécessaire à la pleine autonomie (Lidar, ordinateur dédié, traitement massif de données) qu’en 2026, ce qui laisse planer le doute sur la capacité de la société à respecter le calendrier annoncé. Au-delà de la prouesse technique, Uber a-t-il trouvé son partenaire idéal ? Peut-on imaginer une flotte viable, opérationnelle et sécurisée dans 25 villes d’ici cinq ans alors que l’histoire récente des mobilités autonomes est faite de retards et de désillusions ?

Par ailleurs, Uber diversifie tous azimuts ses alliances dans l’autonomous driving, avec des collaborations mondiales (Waymo, Motional, Baidu, Wayve…). Que cherche vraiment l’entreprise : sécuriser une exclusivité technologique ou multiplier les essais pour anticiper une réglementation en perpétuelle mutation ?

La rapidité de développement de ces technologies ne s’est jamais vue auparavant, d’après Scaringe, qui affirme que le passé n’est plus un bon baromètre pour l’avenir. Mais les prévisions optimistes suffiront-elles à faire oublier les épreuves qui attendent la filière robotaxi ? Uber et Rivian seront-ils les fers de lance d’une révolution ou quelques acteurs parmi d’autres d’un chantier qui s’annonce long et semé d’embûches ?

Au final, cette alliance historique va-t-elle accélérer l’émergence du robotaxi grand public ou met-elle surtout en lumière le fossé qui reste à combler entre ambition technologique et réalité industrielle ?

Source : Techcrunch

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