Quelle est la véritable empreinte environnementale de l’intelligence artificielle, et à qui doit-on faire confiance pour la mesurer ? Alors que la popularité de ChatGPT et autres intelligences artificielles explose, la polémique enfle autour des chiffres alarmistes concernant la consommation d’eau et d’énergie de ces outils. Mais Sam Altman, PDG d’OpenAI, fait-il le tri entre mythe et réalité ou cherche-t-il simplement à rassurer le public ?
En Inde, lors d’un événement organisé par The Indian Express, Sam Altman n’a pas mâché ses mots : selon lui, l’idée que chaque requête ChatGPT consomme plusieurs litres d’eau est « totalement fausse » et « complètement délirante ». Mais doit-on vraiment le croire sur parole ? Si Altman admet que l’utilisation d’eau était problématique du temps du refroidissement évaporatif des data centers, il insiste pour dire que cette époque est révolue. Pourtant, n’existe-t-il pas un flou inquiétant quant aux pratiques actuelles ?
Sur la consommation d’énergie, Altman est nuancé. Il trouve légitime de s’inquiéter du bilan énergétique total de l’IA, sans se focaliser sur la dépense par requête. Selon lui, la solution réside dans une transition rapide vers le nucléaire, l’éolien et le solaire. Mais qui vérifiera si ses déclarations sont justes ? Les entreprises technologiques ne sont soumises à aucune obligation de transparence sur leur consommation d’eau ni d’électricité, obligeant aujourd’hui des chercheurs à mener leur propre enquête. Faut-il se contenter des paroles des géants de la tech alors qu’aucun chiffre officiel et vérifiable ne circule ?
Entre paroles rassurantes des industriels et absence de données publiques, la confiance est-elle encore possible ?
Altman va même jusqu’à contester l’affirmation selon laquelle une requête ChatGPT équivaudrait à 1,5 recharge de batterie d’iPhone, jugeant ce calcul « invraisemblable ». Mais quels chiffres crédibles pouvons-nous réellement obtenir, alors que la majorité des discussions publiques se préoccupent surtout du coût énergétique de l’entraînement des modèles, rarement de l’impact cumulé sur le long terme ? Cette confusion n’avantage-t-elle pas OpenAI et ses concurrents ?
L’argument massue d’Altman consiste à comparer la formation d’un humain – « 20 ans de vie et toute l’énergie de la nourriture consommée » – à celle d’une IA. « Cela a pris toute l’évolution humaine pour créer votre intelligence », explique-t-il, sous-entendant que l’IA pourrait déjà être plus efficiente que nous sur le plan énergétique, une fois entraînée. Mais cette comparaison audacieuse n’écarte-t-elle pas le véritable problème du coût écologique global d’un système qu’on multiplie à l’échelle planétaire ?
Si vous souhaitez juger par vous-même, l’interview complète (le passage sur l’eau et l’énergie commence vers 26:35) est disponible ci-dessous. Mais au final, alors que ChatGPT et l’IA envahissent nos vies, une question cruciale demeure : comment, demain, pourrons-nous forcer la transparence sur un impact environnemental que nul acteur privé ne souhaite réellement dévoiler ?
Source : Techcrunch




