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Credits image : Hitesh Choudhary / Unsplash

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La loyauté des investisseurs en IA est-elle en train de disparaître ?

Peut-on vraiment encore parler de “fidélité” dans l’univers sans pitié du capital-risque, alors que les géants de l’IA multiplient des levées de fonds colossales et souvent croisées ?

En ce début de 2026, OpenAI est sur le point de finaliser un tour de table qui pourrait hisser sa valorisation à 300 milliards de dollars, tandis qu’Anthropic vient à peine de boucler une levée de 30 milliards. Mais un élément saute aux yeux : une douzaine d’investisseurs, tels que Sequoia Capital, Founders Fund ou encore Insight Partners, n’hésitent plus à parier à la fois sur OpenAI… et sur Anthropic, pourtant en compétition directe. Faut-il y voir la fin d’un principe longtemps considéré comme sacré dans la Silicon Valley ?

Si les fonds d’investissement multiformes comme Fidelity ou BlackRock peuvent justifier leurs doubles paris par une logique de diversification propre au monde des gestionnaires d’actifs, la situation choque lorsqu’on observe que certains membres de leurs conseils d’administration siègent aussi dans les conseils stratégiques des startups rivales. BlackRock, par exemple, s’expose à un risque évident de conflit d’intérêt avec un pied dans chaque camp, tout en affichant publiquement la neutralité de ses divers fonds. Mais est-ce là vraiment “faire preuve d’impartialité”, ou simplement préserver le droit à la plus grosse part du gâteau ?

Traditionnellement, les fonds de capital-risque se targuent d’être « founder friendly » et d’accompagner les jeunes pousses dans la bataille contre leurs concurrents. Si cette promesse vole en éclats, comment un créateur d’entreprise peut-il encore leur faire confiance ? Posséder des parts dans OpenAI ET Anthropic, c’est accepter que, d’une certaine manière, on lit les deux copies en même temps. Où s’arrête l’accompagnement bienveillant et où commence la duplicité ?

La loyauté des investisseurs de la Silicon Valley se fissure alors que leur soif d’IA remet en cause les règles ancestrales du capital-risque.

Le problème ne s’arrête pas là. Les startups partagent en privé des données stratégiques avec leurs investisseurs, informations qui n’existent pas du tout dans le public, à la différence des sociétés cotées. Lorsque ces mêmes investisseurs siègent au conseil d’administration de deux entreprises rivales, les risques de fuite, volontaires ou non, se multiplient. Faut-il réglementer plus strictement ces pratiques, ou la transparence peut-elle suffire à garantir une partition des rôles réellement efficace ?

L’affaire est d’autant plus piquante que Sam Altman, CEO d’OpenAI et ex-président de Y Combinator, connaît parfaitement les coulisses du capital-risque. Il aurait même, en 2024, explicitement demandé à ses investisseurs de ne pas miser sur certaines startups rivales, dont Anthropic, afin de préserver la confidentialité des informations internes. Pourtant, il a démenti avoir menacé quiconque d’exclusion totale. Mais à partir de quand la “préférence” d’un fondateur devient-elle intimidation déguisée ?

Une chose est sûre : l’IA bouleverse tout sur son passage, même les principes autrefois intangibles des VCs. L’ampleur des sommes en jeu tord les règles à la faveur de ceux prêts à en assumer les risques. Seuls quelques irréductibles (comme Andreessen Horowitz pour OpenAI ou Menlo Ventures pour Anthropic) résistent encore à cette vague d’investissements croisés. Mais jusqu’à quand ?

Au final, alors que le conflit d’intérêt devient presque banal, les jeunes fondateurs doivent-ils désormais interroger plus attentivement les investisseurs sur leur véritable loyauté avant de signer le moindre chèque ? Cette question pourrait bien définir le visage du prochain âge d’or de la tech.

Source : Techcrunch

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