Les taxis pourraient-ils bientôt se conduire eux-mêmes sans supervision à Dubaï ? C’est la question que soulève la récente annonce d’Uber et de la société chinoise WeRide, qui ont lancé un service de robotaxis sans conducteur humain dans la métropole émiratie. Comment cette initiative, autrefois reléguée à la science-fiction, fait-elle son chemin dans les rues industrielles et portuaires de Dubaï ?
Ce service révolutionnaire n’est pas limité au centre-ville : via l’application Uber, les passagers peuvent réserver ces véhicules autonomes dans des zones aussi variées que Dubai Silicon Oasis, Jabal Ali Industrial First ou encore le port marchand d’Al Hamriya. Mais qui sont les véritables opérateurs sur le terrain ? Derrière cette opération, la société locale Tawasul gère la flotte, illustrant l’enchevêtrement des acteurs internationaux et locaux dans la mobilité urbaine du futur.
L’aventure n’a cependant pas démarré du jour au lendemain. En décembre, Uber et WeRide testaient déjà leurs robotaxis à Dubaï, mais sans facturer les clients et avec l’obligatoire « humain de secours » à bord. Ce n’est qu’après l’obtention d’un permis d’essai délivré par l’autorité locale des transports qu’ils ont franchi le cap de la conduite sans surveillance humaine. Faut-il y voir une course effrénée à l’innovation, ou une maturation prudente du secteur ?
Ce lancement marque un tournant pour la mobilité autonome, mais à quel prix pour la sécurité et l’emploi ?
Sur le plan économique, l’enjeu est de taille : Uber détient désormais près de 6 % des parts de WeRide – pour une valeur estimée à 150 millions de dollars – et n’a pas hésité à injecter 100 millions de dollars l’an passé dans l’entreprise chinoise. Ces chiffres démontrent l’ampleur des ambitions mais aussi la volonté d’Uber d’étendre son influence bien au-delà de ses marchés traditionnels. Par ailleurs, cette percée à Dubaï n’est qu’une première étape : la firme compte déployer les robotaxis WeRide dans 15 villes supplémentaires, dont certaines en Europe. La mondialisation du taxi autonome est-elle imminente ?
L’association entre Uber, qui assure la gestion de la plateforme et des trajets, et WeRide, spécialiste du pilotage autonome, rappelle d’autres partenariats stratégiques dans la tech, notamment avec Waymo. Est-ce la meilleure stratégie pour imposer la voiture autonome à grande échelle, et la population suivra-t-elle ? Quels obstacles restent encore à franchir pour convaincre le public et les autorités ?
Reste que la sécurité demeure la question centrale. Même si Uber et WeRide insistent sur la robustesse de leur technologie et l’encadrement réglementaire, l’absence totale de supervision humaine continue d’inquiéter. Les récents ajustements d’information, et notamment la correction de la valorisation financière d’Uber dans WeRide, montrent aussi que la transparence gagne à être renforcée. Peut-on vraiment faire confiance à des véhicules guidés uniquement par des algorithmes sur nos routes ?
Alors que Dubaï devient un terrain d’expérimentation grandeur nature pour la mobilité autonome, la question demeure : allons-nous bientôt rentrer dans une ère où les conducteurs humains ne seront plus que de simples passagers ?
Source : Techcrunch




