La transparence, c’est surfait : blockchain percée, IA personnalisée et taxis sans conducteurs, bienvenue dans l’âge de l’illusion frictionless

Illustration originale : Evan Iragatie / Flux

Edito
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La transparence, c’est surfait : blockchain percée, IA personnalisée et taxis sans conducteurs, bienvenue dans l’âge de l’illusion frictionless

Data partout, confiance nulle part : voilà résumée la semaine tech où l’on guette la prochaine fuite de données avant même d’avoir digéré la précédente. Entre Figure qui coule dans la mare aux piratages blockchainisés et la ruée vers l’intelligence artificielle du « zéro friction » portée par Poke, la tech nous vend toujours plus de magie… mais laisse fuiter le lapin du chapeau. Et si l’utilisateur était finalement condamné à jouer les cobayes anonymisés, rêvant de contrôle dans un monde de mégabases de données et de gouvernance algorithmique ?

Derrière les milliards alignés pour ClickHouse – la startup qui séduit les investisseurs comme des glaces gratuites un jour de canicule – et les ambitions folles de la « mémoire visuelle » de l’IA chez Memories.ai, une constante s’impose : la valeur n’est plus dans la machine, mais dans la donnée. Or si la donnée est la nouvelle monnaie, le trust fund est déjà percé. Du cloud immatériel aux serveurs bien concrets, chaque pansement sur la cybersécurité ne fait que masquer l’hémorragie — y compris quand la blockchain fait office de garrot high-tech… et finit, elle aussi, par céder sous la pression.

Cette tension, entre contrôle promis et abandon réel, irrigue aussi la promesse de la tech « sans effort » : une IA pilotable à coup de SMS (Poke), un taxi qui roule pour vous à Abu Dhabi (WeRide/Uber) ou un coach anti-stress dans le lobe auriculaire (Awear). Derrière l’illusion d’aisance, des corpus monumentaux de data transitent, s’analysent, s’annexent – pour bonheur de l’investisseur et cauchemar du citoyen soucieux de ses métadonnées. Le management humain, lui, vacille : on discute plus de la tête du chef-IA (l’algorithme manager) que du prix du ticket restaurant.

La souveraineté numérique n’a jamais été aussi promise, et pourtant, jamais aussi fictive.

Car que l’on parle d’automatiser son planning, de déléguer sa mémoire visuelle à un cloud omniscient, ou de se faire coacher par une puce bluetooth entre les crises d’angoisse, tout converge : les plateformes engrangent, les utilisateurs « frictionless » s’effacent, et la frontière entre service et servitude algorithmique se dissout dans le grand bouillon de « l’expérience client ». L’ironie suprême ? Ceux qui promettent la mindfulness à coup de mesurage neural sont les premiers à placer notre intimité neuronale à portée de clics trop tentants pour les data brokers.

C’est alors que la boucle se referme : la tech, obsédée par la simplification de nos vies, ne fait qu’épouser la complexité du monde… en la rendant simplement invisible. Quand tout « roule » sans conducteur, qui tient encore le volant – l’humain ou le logiciel ? À force de vouloir fluidifier nos existences à l’extrême, l’industrie creuse l’opacité qui lui permettra d’échapper à ses propres contradictions, jetant sur le marché une innovation toujours plus intrusive, toujours moins maîtrisée, et – ô paradoxe – toujours plus attendue par des usagers rendus incrédules par… les promesses qu’on leur a faites. Qui a dit que la confiance ne se mine pas ?

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