Pourquoi Netflix souhaite-t-il se lancer dans la bataille très concurrentielle du podcast vidéo, un secteur jusque-là dominé par YouTube ? Alors que la plateforme de streaming multiplie les coups d’éclat pour diversifier son offre, est-ce le signe d’un changement profond dans la consommation des médias numériques, ou simplement une manœuvre pour damer le pion à ses rivaux ?
Selon Bloomberg, Netflix serait en pourparlers avancés avec iHeartMedia pour obtenir la licence exclusive de certains de leurs podcasts vidéo les plus populaires, comme “The Breakfast Club” ou “Stuff You Should Know”. Mais pourquoi cette exclusivité ? Que souhaite vraiment Netflix : enrichir la plateforme ou priver YouTube d’un contenu prisé ? À l’heure où l’écoute et le visionnage de podcasts n’ont jamais été aussi populaires, la guerre de l’exclusivité entre géants du streaming pourrait-elle bouleverser la donne ?
Un détail intrigue : tous les podcasts iHeartMedia ne seraient pas concernés par ce futur accord, mais seulement une sélection. Pourquoi ce choix ? Netflix vise-t-il uniquement les émissions capables de générer un maximum d’engagement, ou s’agit-il d’un premier test grandeur nature avant de viser plus large ? À mesure qu’il remanie sa stratégie, on peut se demander si Netflix ne s’apprête pas à redéfinir notre façon de consommer l’audio-visuel, notamment en évinçant YouTube, la première plateforme mondiale du genre, avec plus d’un milliard de spectateurs mensuels de podcasts vidéo.
Netflix cherche à imposer son propre empire du podcast vidéo, forçant YouTube à revoir sa suprématie.
Cette démarche s’inscrit dans une logique de continuité pour Netflix, qui a dernièrement signé un accord similaire avec Spotify. Ce partenariat prévoit aussi que la sélection de podcasts vidéo proposée par Spotify sur la plateforme Netflix ne sera plus diffusée sur YouTube. Pourquoi opérer un tel “nettoyage” ? Est-ce pour concentrer les audiences sur leurs propres services, ou pour faire monter les enchères auprès des créateurs de contenu eux-mêmes ? Faut-il craindre l’appauvrissement de l’offre pour le public, ou se réjouir de nouvelles expériences plus immersives et mieux adaptées à la plateforme Netflix ?
Néanmoins, certains programmes à succès, comme “The Joe Rogan Experience”, resteront sur YouTube. Alors, où s’arrête la bataille de la vidéo exclusive, et où commence le compromis commercial ? Est-ce un signe qu’aucune plateforme ne peut encore prétendre à un monopole total du podcast vidéo, malgré les tentatives répétées d’acheter l’exclusivité à tout prix ?
À l’heure où les frontières entre vidéo et audio s’effacent progressivement, Netflix tente par tous les moyens de ne pas se laisser distancer sur ce marché en plein essor. Cette série d’accords permettra-t-elle réellement à la plateforme de concurrencer sérieusement YouTube, ou s’agit-il d’un simple coup d’épée dans l’eau destiné à rassurer les investisseurs ?
Face à l’inflation constante de contenus exclusifs et à la fragmentation croissante des catalogues, une question demeure : les utilisateurs suivront-ils leurs podcasts préférés où qu’ils aillent, ou la multiplicité des plateformes finira-t-elle par lasser et disperser le public ?
Source : Techcrunch




