La révolution du transport sera-t-elle menée par des robots-taxis sur les autoroutes ou par d’autres paris audacieux des géants de la mobilité ?
La concurrence s’amplifie, semaine après semaine, dans la sphère des véhicules autonomes et électriques. Waymo, qui a longtemps concentré ses annonces sur l’expansion urbaine de ses robots-taxis, crée désormais la surprise en étendant ses services à grande échelle sur les autoroutes de San Francisco, Phoenix et Los Angeles. Pourquoi cet accès aux infrastructures autoroutières semble-t-il soudain aussi crucial ? Les enjeux de connectivité et de vitesse seraient-ils la clef pour convaincre les métropoles américaines tentaculaires ?
Le nouveau terrain de jeu de Waymo, s’étendant désormais sur 260 miles carrés, englobe un morceau stratégique de la Silicon Valley et de San Francisco. Les avantages promettent d’être saisissants : réduction de moitié du temps de trajet, meilleure desserte, et un accès bientôt effectif à l’aéroport de San Francisco. Mais cette avancée est-elle réellement la promesse d’une rentabilité accrue pour l’entreprise ? Waymo saura-t-il transformer ce « grand déclic » attendu en succès financier ou l’équation économique demeure-t-elle incertaine tant que ses comptes restent confidentiels ?
Les innovations dans la mobilité semblent se multiplier aussi vite que les questions sur leur viabilité.
Le secteur voit d’autres acteurs tenter leur chance, non sans risques : Einride vise la Bourse américaine via une SPAC, misant sur ses camions électriques et son logiciel SaaS pour convaincre les investisseurs. De son côté, Rad Power Bikes lutte pour sa survie, Ford étend la technologie BlueCruise, tandis que des startups comme Harbinger et Teradar lèvent des sommes colossales. Le foisonnement des annonces est palpable, mais quelles entreprises décolleront vraiment et lesquelles échoueront faute d’un business model solide ?
Chez Lucid Motors, la pression monte pour remplacer un CEO parti depuis neuf mois. On murmure qu’un outsider pourrait être désigné, renforçant le sentiment d’incertitude qui plane sur l’entreprise. Et pendant que Via déçoit lors de son premier bilan financier public, Lyft tente de miser sur les taxis grâce à un partenariat inédit, Uber expérimente la vidéo embarquée en Inde, et Tesla fait face à de nouveaux défis—entre la perspective de CarPlay dans ses EV et un rappel massif de Powerwall 2 lié à des risques d’incendie. Transformation numérique et impératifs de rentabilité semblent-ils toujours incompatibles ?
Sur le terrain industriel, Toyota lance la production américaine de batteries, promettant d’investir jusqu’à 23,9 milliards de dollars dans les cinq prochaines années. Est-ce le signe d’une nouvelle guerre industrielle sur la terre américaine ? Chacun cherche manifestement à s’imposer, des petits acteurs innovants jusqu’aux mastodontes historiques qui reconfigurent leur stratégie à marche forcée.
Enfin, les objectifs annoncés par Elon Musk pour Tesla agacent ou fascinent : livrer 20 millions de véhicules, activer 10 millions d’abonnements Full Self-Driving, lancer un million de robots ou de robotaxis… mais pour la majorité, aucun de ces objectifs ne sera atteint d’ici 2035. Les ambitions colossales de la mobilité, entre enthousiasme et scepticisme, sont-elles vouées à rester des promesses, ou assistons-nous déjà à un tournant de l’histoire du transport ?
Dans ce concert d’annonces, d’investissements massifs et de défis techniques, qui – de Waymo à Tesla, en passant par les jeunes pousses de la mobilité – sera réellement capable de transformer le futur des déplacements en une réalité rentable et sécurisée ?
Source : Techcrunch




