L’innovation, la disruption et un soupçon d’irrévérence : est-ce cela qui fait le sel du TechCrunch Disrupt à San Francisco ? Les allées du salon étaient-elles vraiment le théâtre où se dévoilent les enjeux majeurs de la tech mondiale – ou n’assiste-t-on qu’à une scène bien rodée où réseaux, ambitions et storytelling se mélangent à la vitesse de l’algorithme ?
Chaque édition de Disrupt attire des milliers de participants. Mais qui étaient ces 10 000 personnes cette année, et pourquoi tant de leaders – qu’ils viennent de l’IA, du capital-risque ou du web3 – tiennent-ils à y prendre la parole ? Entre Vinod Khosla, imperturbable face aux craintes climatiques liées à l’essor de l’IA, et Roelof Botha de Sequoia, qui pressent les startups de lever des fonds pendant qu’il en est encore temps, le ton est vite donné : le rythme de la tech n’attend personne.
Faut-il croire les plus optimistes ? Khosla vante la géothermie en passe de révolutionner l’énergie pour l’IA pendant que d’autres, comme Botha, rappellent que les bulles finissent toujours par éclater. Qu’en est-il des gagnants du concours Battlefield, qui investissent des mois pour séduire investisseurs et public – ont-ils vraiment une chance de transformer leurs étreintes sur scène en victoires durables ?
Derrière la brillance des projecteurs, la réalité des startups reste un jeu risqué où l’innovation s’allie à la résilience.
Comment se faire remarquer à l’ère des excès ? Roy Lee clame qu’il faut choquer pour percer, alors qu’à côté, Tristan Thompson, ex-star de la NBA reconverti, questionne la moralité du système avec ses allusions aux dérives du sport et de la blockchain – ces interventions-déclics ouvrent-elles vraiment la voie à une réflexion de fond, ou sont-elles plutôt le reflet d’un besoin de buzz pour exister face à la concurrence mondiale ?
Le bal des têtes d’affiche ne s’arrête pas là : Elon Musk n’était pas sur scène mais Wayve, la startup britannique de conduite autonome, s’est invitée dans toutes les conversations, tandis que Phoebe Gates (oui, la fille de) prouve que la mode circulaire peut aussi séduire la Silicon Valley. Faut-il lire dans l’engouement autour de l’IA de nouveaux modèles économiques ou un simple renouvellement du marketing de l’innovation ?
Société et technologie avancent-elles main dans la main ? Waymo confirme que l’acceptabilité sociale de la voiture autonome passera par des exigences drastiques en matière de sécurité, alors que Kevin Rose et Thomas Wolf murmurent déjà la suite, à mots couverts : hardware ouvert, révolution robotique, capital-risque qui se veut plus sage… Mais qui façonnera vraiment l’avenir : les bâtisseurs ou les conteurs ?
L’événement est-il devenu le rendez-vous incontournable pour ceux qui veulent repenser l’éducation, la communauté, la gouvernance, ou s’agit-il d’un passage obligé – un « must-have » sur le CV de toute startup ? Les panels se succèdent, les deals s’esquissent sur des post-its rétro, et parfois, l’ancien laisse sa place au neuf, même si la fête et le business continuent en coulisses.
Alors, à l’heure où San Francisco se rêve à nouveau « ville sur la pente montante » et où Disrupt promet chaque année son lot d’innovations, reste une question : cette ruée annuelle sur l’innovation fabrique-t-elle le futur, ou bien n’est-ce qu’un reflet fugace de nos espoirs technologiques ?
Source : Techcrunch




