Faut-il craindre une nouvelle vague de licenciements dans les banques européennes à l’ère de l’intelligence artificielle ? Alors que les analystes de Morgan Stanley annoncent la suppression potentielle de plus de 200 000 emplois d’ici 2030, soit près de 10% des effectifs des plus grands établissements, on peut se demander : à quoi ressemblera la banque de demain, et qui seront les premiers touchés ?
L’automatisation s’immisce dans les coulisses de la banque, notamment dans les départements souvent invisibles mais essentiels comme les opérations de back-office, la gestion des risques et la conformité. Est-ce là que l’humain deviendra obsolète ? Les algorithmes s’attaquent désormais aux mêmes tableurs que les analystes, mais avec une efficacité décuplée. Peut-on réellement obtenir 30% de gains de productivité en remplaçant une partie du personnel par des intelligences artificielles, comme le prédit Morgan Stanley ?
La tendance ne s’arrête pas aux frontières européennes : au-delà de l’Atlantique, Goldman Sachs prévoit également une réduction drastique des effectifs, avec la mise en place d’un plan de transformation numérique baptisé “OneGS 3.0”. Faut-il y voir une nouvelle norme pour toutes les institutions financières, ou une simple manœuvre conjoncturelle ? Comment s’assurer que l’adoption de l’IA ne sacrifie pas l’expertise humaine sur l’autel de la rentabilité ?
À l’heure où la technologie révolutionne la finance, le secteur bancaire s’interroge sur la place de l’humain face à l’automatisation massive.
L’exemple d’ABN Amro, qui souhaite supprimer un cinquième de ses postes d’ici 2028, marque-t-il le début d’un effet domino en Europe ? Quand le patron de la Société Générale affirme que “rien n’est sacré”, doit-on s’attendre à voir d’autres géants embrasser une restructuration tout aussi radicale ? Pourquoi certains hauts responsables, comme chez JPMorgan Chase, mettent-ils en garde contre les effets pervers de cette transition accélérée, insistant sur le danger de priver les jeunes banquiers des fondamentaux du métier ?
Cette volonté d’aller plus vite, plus fort, cache-t-elle un risque de fragilisation du secteur à long terme ? L’équilibre entre progrès technologique et transmission du savoir-faire traditionnel n’est-il pas menacé ?
Doit-on applaudir ces gains d’efficacité qui promettent des établissements plus agiles, ou faut-il au contraire s’inquiéter d’une déshumanisation programmée de la finance ? N’est-il pas temps d’ouvrir le débat sur l’avenir du travail dans le secteur bancaire européen – et sur qui seront les véritables perdants de cette course au numérique ?
Source : Techcrunch




