Le futur de la livraison à domicile passera-t-il par des robots autonomes aux grands yeux lumineux ? DoorDash, célèbre pour son appli de livraison de repas, a dévoilé cette semaine « Dot », un robot rouge vif conçu pour traverser trottoirs, routes et pistes cyclables à une vitesse de 32 km/h. Mais tout le monde est-il prêt à voir ces robots arpentant nos villes et banlieues ?
Pourquoi une entreprise de livraison de repas entre-t-elle dans la course, déjà emmenée par des géants comme Google et Tesla, à la technologie des véhicules autonomes ? Alors que des robotaxis sont déjà monnaie courante à San Francisco ou Austin, DoorDash parie que l’automatisation bouleversera bientôt la livraison de petits colis. Dot, avec sa bouille cartoon et son coffre à pizza, peut-il s’imposer là où tant de startups se sont cassé les dents ?
Le terrain est miné : entre les déboires judiciaires de certains AV et la vague de colère envers les véhicules sans conducteur, Dot risque-t-il d’attiser les tensions ? À l’image des Waymo, souvent vandalisés dans les rues, ces nouveaux robots pourraient très vite devenir le symbole d’un malaise urbain croissant.
Dot pourrait bouleverser l’industrie, mais chaque innovation soulève inévitablement de nouveaux défis.
Pour DoorDash, l’enjeu est de dominer le « premier et dernier mètre » de la livraison : la navigation, souvent négligée, entre l’entrée d’un immeuble et le pas de la porte du client. Pourquoi conduire une voiture juste pour remettre un tube de dentifrice ? Selon Stanley Tang, cofondateur, Dot est « petit, rapide et suffisamment malin pour optimiser chaque trajet, tout en étant conçu pour franchir les seuils et circuler dans les allées étroites ». Mais la promesse de rapidité peut-elle s’accommoder des exigences de sécurité ?
Dot a beau ne mesurer qu’1,50 m de haut pour 90 cm de large, il embarque une technologie de pointe : 8 caméras, radar, lidar, et une IA temps réel pour slalomer entre piétons et voitures. Son autonomie, grâce à des batteries interchangeables, s’appuie sur une logistique lourde : entrepôts, bornes de recharge, opérateurs de terrain… Est-ce vraiment si scalable, ou bien faudra-t-il un bataillon d’humains pour surveiller chaque robot ?
DoorDash affirme que les discussions avec les autorités sont prometteuses, ces robots réduiraient potentiellement le trafic. Mais les livreurs humains ne risquent-ils pas d’être relégués au profit de ce nouvel écosystème ? La société promet qu’ils se concentreront désormais sur les « commandes à forte valeur ajoutée », mais ce discours rassurera-t-il une profession déjà précaire ?
Autre question cruciale : la sécurité. Dot est censé s’arrêter ou se ranger en cas de problème, faute de pilotage à distance. Mais si plusieurs individus décident de le renverser ou qu’un enfant se faufile à l’intérieur, la gestion sur le terrain sera-t-elle suffisante ? L’histoire récente des robots en zone urbaine montre combien les innovations se heurtent à l’imprévu humain…
Dot, sous ses airs sympathiques, pourrait bien changer la donne pour DoorDash et la livraison urbaine, mais à quel prix pour la sécurité et l’emploi ? Entre avancée technologique et terrain social, la voie de la livraison autonome sera-t-elle vraiment une route tranquille ?
Source : Techcrunch




