Du bug médical à la mégafusion : la confusion algorithmique

Illustration originale : Evan Iragatie / Flux

Edito
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Du bug médical à la mégafusion : la confusion algorithmique

Un jour, on promettait la Silicon Valley à la périphérie de chaque hôpital, le lendemain c’est Hollywood qui troque ses projecteurs contre une OPA serrée… Pourtant, derrière ce miroir aux alouettes bardé de start-up santé bourrées de capteurs et de bonnes intentions et de studios légendaires transformés en lignes d’actifs spéculatifs aux enchères planétaires, la vraie révolution semble ailleurs : dans notre rapport fébrile à la confiance, qu’elle soit médicale, logicielle, ou même culturelle.

Regardez, Stack Overflow pivote pour devenir l’ossature cognitive des IA d’entreprise — autrement dit, le Wikipedia privé de nos cerveaux collectifs automatisés. Cette mue ne survient pas par hasard. Dans chaque secteur, du diagnostic médical automatisé aux films à grand spectacle, tout n’est plus que données, métadonnées… et serveurs débordants d’informations à faire digérer par des algorithmes affamés. Même la santé, jadis domaine sacré du contact humain, verrait-elle la tendresse de l’aidant remplacée par le calcul prédictif ? À quelles pathologies préparons-nous la relation entre patient, soignant et bot conversationnel ?

Ce trop-plein algorithmique n’épargne personne. Paramount engloutit Warner Bros. comme on fait main basse sur un data center, capitalisant autant sur l’héritage des Looney Tunes que sur les 57,5 milliards de dettes gloutonnement avalées au passage. Derrière ce Monopoly industriel, il s’agit surtout de contrôler les pipelines de contenus et d’imposer des plateformes fermées où, demain, même le dernier talk-show médical sera peut-être sponsorisé par une IA… Après tout, ModeratorGPT veille désormais à la robustesse des podcasts vidéo chez Apple en quête de régner sur la vidéo à la sauce podcast.

Derrière chaque promesse de technologie salvatrice danse l’ombre d’une centralisation du savoir, des soins, et du spectacle.

Dans ce tourbillon, jusque la qualité du code ne repose plus que sur l’appel à l’intelligence artificielle : la startup Momentic fait de la vérification logicielle une affaire de prompt — l’assurance qualité dictée à une machine, qui s’érige peu à peu en arbitre du bon goût logiciel. De la salle d’opération ultra-connectée à la salle de montage de blockbusters, tout converge vers une société où l’audace humaine, l’erreur, et même l’empathie risquent de disparaître sous des couches d’automatisation autocongratulées. La boucle est quasi bouclée : le prochain Oscar, comme la prochaine greffe automatisée, pourraient bien nous être remis par une IA, ou du moins déposés au pied de son code source certifié sans bug.

Devant cette frénésie d’outils qui veulent « solutionner » aussi bien la maladie, le bug, que la mauvaise audience, difficile de ne pas voir la technologie se substituer au sens. Gadget, disruption, ou simple fuite en avant ? L’histoire, qu’elle soit médicale, culturelle ou purement logicielle, démontre que toute promesse algorithmique porte en elle le risque d’un nouveau dogme : celui d’une société plus prévisible, certes, mais aussi plus impitoyable pour ceux restés à quai — soignants, créateurs, codeurs, spectateurs ou simples « utilisateurs ». Alors… qui testera le testeur ? Et qui guérira du tout-algorithme ?

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