Pourquoi Amazon a-t-il risqué aussi gros sur « Project Hail Mary » alors que les paris hors franchises paraissent si incertains à Hollywood ? La machine à succès ne semblait-elle tourner qu’autour des suites et univers fictifs déjà connus ces dix dernières années ? Pourtant, le géant du commerce n’a pas hésité à miser près de 200 millions de dollars sur l’adaptation du roman de science-fiction d’Andy Weir, malgré l’absence d’un univers partagé ou d’un super-héros.
Quels éléments distinguent « Project Hail Mary » et expliquent ce succès soudain ? Ce film, avec Ryan Gosling presque seul à l’écran pour résoudre une énigme cosmique avec un alien mystérieux, s’est rapidement démarqué de la production hollywoodienne habituelle. Cette expérience particulière a-t-elle charmé un public lassé des recettes traditionnelles ? D’après The Hollywood Reporter, après seulement dix jours, le film a rapporté plus de 300 millions de dollars dans le monde, surpassant même « Creed III » pour devenir la production Amazon la plus rentable à ce jour.
On assiste donc à une sorte de pari gagnant sur l’originalité, une prise de risque que peu de studios osent encore. La recette serait-elle à la fois la fidélité au best-seller initial et la volonté de proposer un vrai spectacle, sans se reposer sur un héritage cinématographique préexistant ? Malgré la chute typique des entrées la deuxième semaine, « Project Hail Mary » n’a décliné que de 32%, signalant un bouche-à-oreille rare pour les blockbusters hors franchise.
Le succès de « Project Hail Mary » questionne toute la stratégie actuelle d’Amazon MGM Studios et l’appétit du public pour des expériences nouvelles à l’écran.
Comment une telle réussite impacte-t-elle la trajectoire du nouveau studio Amazon MGM, fraîchement propriétaire de la franchise James Bond et désormais décideur sur le futur du cinéma grand public ? Ambitionnant de sortir quatorze films en salle chaque année, Amazon cherchait sa recette miracle après une série de déceptions commerciales—on pense à « Mercy », « After the Hunt » ou encore au documentaire polémique « Melania ». Faut-il croire qu’avec « Project Hail Mary », le virage vers le divertissement ambitieux, intense et inédit est enfin engagé ?
Pour Courtenay Valenti, la directrice de la branche cinéma chez Amazon, ce résultat prouve que miser sur de “grands films commerciaux audacieux et divertissants” est la voie à suivre. Mais l’ombre du doute plane : s’agit-il d’un coup de chance unique ou du prélude à une nouvelle ère pour la production cinématographique hors franchise ? Les prochains blockbusters, « The Sheep Detectives » avec Hugh Jackman et le reboot « Masters of the Universe », seront-ils capables de réitérer l’exploit ?
Amazon aurait-il trouvé la formule capable de séduire les cinéphiles lassés des éternels reboots et spin-offs, ou « Project Hail Mary » n’est-il qu’une exception dans un océan d’échecs ? Cette stratégie atypique va-t-elle réellement bouleverser l’industrie à long terme ?
Source : Techcrunch




