Dans un monde où tout bouge à la vitesse de la lumière, faut-il se demander : la domination du modèle SaaS est-elle menacée par la nouvelle vague d’agents IA comme Claude Code ? Les startups sont-elles en train de bousculer l’ordre établi à la faveur d’une révolution du “faire soi-même” permise par l’IA ?
Quand un fondateur avoue à son investisseur avoir remplacé toute son équipe support par un bot capable de coder et déployer des logiciels en solo, n’est-ce pas là un tournant historique ? Lex Zhao, investisseur chez One Way Ventures, pense que oui. Selon lui, les barrières techniques pour se lancer dans la création logicielle s’écroulent. Alors, quand il s’agit de choisir entre acheter une solution ou la développer en interne, le curseur penche de plus en plus vers le « build ».
L’impact de ce tournant va-t-il bien plus loin qu’un simple choix industriel ? Car aujourd’hui, tout le modèle économique du SaaS semble en jeu. Jusqu’à présent, les sociétés prospéraient grâce à la facturation par utilisateur (“per seat”). Mais comment continuer ainsi dans un univers où quelques agents IA réalisent le travail de dizaines de collaborateurs ? Le modèle SaaS, réputé imbattable pour ses revenus récurrents et ses marges folles, risque-t-il la rupture si chaque client devient lui-même éditeur ou menace de l’être à la première négociation tarifaire ?
Le SaaS n’est peut-être pas mort, mais il doit se réinventer à toute vitesse pour résister à une vague sans précédent d’innovation portée par l’IA.
Les exemples récents ne manquent pas : Klarna a déjà largué Salesforce pour un CRM fait maison alimenté par l’IA. Depuis, les marchés financiers s’affolent et le secteur logiciel a perdu près de 1 000 milliards de dollars en valeur boursière, preuve que les investisseurs craignent une « SaaSpocalypse ». Est-ce de la panique ou une vraie remise en cause de la valeur future de ces géants ?
On assiste en parallèle à l’essor fulgurant de startups “AI-native” qui chamboulent la donne, alors que les sociétés SaaS traditionnelles peinent à adapter leurs offres. Coller de l’IA sur un vieux logiciel ne semble plus suffire, tandis que certaines jeunes pousses atteignent des dizaines de millions de chiffre d’affaires annuel en un trimestre. Est-ce la revanche des outsiders ?
Mais cette nouvelle donne commerciale ne repose encore sur aucune certitude : faudra-t-il facturer aux clients le nombre de “tokens” consommés par les IA, ou préférer une tarification à la performance (outcome-based), comme le tente la startup Sierra de l’ancien CEO de Salesforce ? La rapidité et la facilité de reproduction des solutions technologiques laisseront-elles place à un nouveau paradigme économique solide ?
Le secteur SaaS tente pourtant de résister : aucun nouvel entrant n’ose se lancer en bourse, les mastodontes attendent, les poches pleines mais les nerfs à vif. L’hybridation entre anciens et nouveaux modèles sera-t-elle possible ? Les grandes entreprises devront toujours gérer conformité, audit, et workflow complexe. Mais la vraie résilience viendra-t-elle d’un retour à des fondamentaux solides ou d’une adoption totale de l’IA ?
Finalement, la grande question demeure : le SaaS saura-t-il transformer cette crise existentielle en opportunité, ou sombrera-t-il sous les coups répétés des startups AI-native ? N’est-ce pas au cœur de cette incertitude que se jouera le futur de toute l’industrie logicielle ?
Source : Techcrunch




