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Credits image : RU Recovery Ministries / Unsplash

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Airwallex peut-elle vraiment détrôner Stripe et Square sur le marché mondial des paiements en personne ?

Le monde des paiements électroniques est-il en train de vivre une nouvelle révolution silencieuse, menée par des acteurs jusqu’ici discrets, mais déterminés à bouleverser la hiérarchie mondiale ? Cette question se pose de façon brûlante depuis qu’Airwallex, fintech australienne, vient d’annoncer son arrivée sur le terrain hautement stratégique des paiements en personne. Jusqu’ici connue pour son expertise dans les transactions internationales, Airwallex veut désormais concurrencer des géants bien installés comme Stripe, Square ou Adyen sur un secteur clé. Mais quels sont les véritables enjeux de cette offensive ?

Airwallex lance un terminal de point de vente promis comme révolutionnaire : une plateforme unique permettant aux entreprises d’accepter des paiements physiques dans plusieurs pays sans avoir à chaque fois à passer par un fournisseur local. Mais cette promesse est-elle réalisable sur le terrain ? Quelles difficultés réglementaires ou techniques subsistent réellement lorsqu’il s’agit de s’affranchir des multiples partenariats et exigences locales ? Selon le CEO Jack Zhang, « lorsqu’une entreprise s’étend à l’international, elle doit généralement composer avec une nouvelle série de prestataires, de licences et de conformité. Airwallex veut couper court à cette complexité. Mais pourquoi personne ne l’a fait avant ? »

Ce positionnement n’est pas le fruit du hasard. En 2019, Stripe avait essayé de racheter Airwallex pour 1,2 milliard de dollars, alors que la jeune pousse n’enregistrait que 2 millions de revenus. Cependant, Zhang préfère finalement tracer sa propre route, misant sur une vision long-terme. De quoi remettre en cause la domination de Stripe ? Leur atout : une infrastructure mondiale bâtie patiemment, en obtenant près de 90 licences réglementaires couvrant une cinquantaine de marchés et des liens directs avec les réseaux bancaires locaux dans plus de 120 pays. À titre de comparaison, Stripe et Square pâtiraient, selon Zhang, de faiblesses structurelles à ce niveau-là.

Airwallex compte bouleverser la donne grâce à une infrastructure véritablement mondiale où la concurrence peine encore à se hisser.

Cette approche « build from scratch » permet à Airwallex de détenir et d’utiliser des licences locales, notamment au Japon, là où les géants américains doivent théoriquement rapatrier immédiatement les fonds vers les comptes bancaires des commerçants. La startup affirme ainsi servir 46 000 entreprises américaines et traiter 100 milliards de dollars en volumes annuels. Pourtant, la stratégie d’internationalisation agressive d’Airwallex peut-elle réellement séduire des commerçants déjà liés à Stripe ou Square, surtout si ces derniers bénéficient de solutions stables et familières ?

D’autres mastodontes comme Adyen, le Néerlandais coté en bourse, revendiquent également la supériorité de leur infrastructure globale. Mais le véritable tour de force serait-il moins technique que commercial ? Le marché des paiements traditionnels, dominé depuis des années par des acteurs historiques tels que Fiserv ou Worldpay, reste colossal malgré des architectures vieillissantes. Quelle part du gâteau Airwallex peut-elle réellement conquérir ?

La vraie question est donc de savoir si l’argument de l’unification mondiale sera suffisant pour convaincre les grandes entreprises de renoncer à leurs fournisseurs locaux ou historiques. Airwallex parie sur la lassitude des multinationales face à la gestion laborieuse de multiples partenaires, mais toutes seront-elles prêtes à franchir ce pas ? En définitive, le monopole de Stripe est-il aujourd’hui réellement menacé pour la première fois depuis quinze ans, ou cette bataille n’en est-elle qu’à ses prémices ?

Le rapport de force dans la guerre des paiements sera-t-il bouleversé par la promesse d’une plateforme vraiment globale, ou les habitudes du marché résisteront-elles encore longtemps ?

Source : Techcrunch

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