Worker filling food trays on a conveyor belt.

Credits image : Holzke Menü Essen auf Rädern / Unsplash

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L’IA peut-elle vraiment réinventer la restauration ?

Peut-on réellement révolutionner la restauration à l’aide de l’intelligence artificielle ? Voilà la promesse de Marc Lore, le serial entrepreneur qui a séduit Amazon et Walmart avec ses précédentes startups et qui s’attaque aujourd’hui à un secteur aussi traditionnel que la cuisine. Mais à quoi ressemble réellement cette nouvelle ère, et est-elle viable à grande échelle ?

Wonder, la dernière création de Lore, se présente comme une plateforme de restauration et de livraison qui veut injecter de l’IA dans chaque plat. Son initiative phare, Wonder Create, ambitionne de permettre à n’importe qui – influenceur, entrepreneur food, voire grande marque – de lancer son propre restaurant virtuel en moins d’une minute, généré de A à Z par une intelligence artificielle. Même le branding, les recettes et le pricing seraient générés instantanément : simple effet d’annonce ou véritable disruption ?

Derrière cette démocratisation illusoire, comment s’assurer que la qualité et la créativité suivent ? Les cuisines Wonder, déjà présentes à plus de 120 emplacements avec une prévision d’en ouvrir 400 l’an prochain, sont des plateformes de cuisson « programmables ». Entre robots, plateformes électriques et une impressionnante bibliothèque de 700 ingrédients, Lore rêve d’une rentabilité démultipliée sans sacrifier l’humain. Mais la technologie suffit-elle pour maintenir l’exigence gastronomique alors que l’on multiplie les restaurants à la chaîne ?

Entre innovation technologique et risque de désincarnation de la cuisine, Wonder ouvre un nouveau front dans la guerre de la restauration digitale.

Il suffit aujourd’hui, selon Lore, de taper le concept de son restaurant sur une interface à la sauce Shopify, et la machine s’occupe du reste : nom, branding, image, recettes, prix, informations nutritionnelles… tout est généré automatiquement, prêt à être exécuté dans les cuisines Wonder. Le modèle rappelle les « ghost kitchens », ces restaurants virtuels qui promettaient le succès à tous mais ont souvent échoué à fidéliser leur clientèle. L’ajout massif de robots et d’IA serait-il le chaînon manquant pour éviter les écueils d’hier ?

On observe tout de même des limites techniques : pizza, sushi ou recettes trop artisanales restent hors de portée pour l’instant, Wonder préférant s’en tenir à des plats standardisables comme les bowls, burgers ou wings. Est-ce un garde-fou ou l’aveu que la cuisine reste, en partie, un art inimitable par la machine ?

La stratégie d’expansion de Lore repose aussi sur la croissance externe. En rachetant Blue Apron pour les kits repas, Grubhub pour la puissance de livraison, ou encore Blue Ribbon Fried Chicken pour ses recettes prêtes à essaimer dans des centaines de cuisines, Wonder parie sur un effet d’arbitrage massif. Mais est-ce suffisant pour maturer un modèle économique qui n’a pas encore fait ses preuves, surtout sur un créneau où la fidélité des clients dépend souvent de l’exceptionnel plus que de la massification ?

Le rêve de Lore n’est-il qu’une utopie tissée sur fond de technologie, ou bien assistons-nous à l’aube d’un nouveau paradigme pour la restauration mondiale ? Jusqu’où l’IA peut-elle remplacer le savoir-faire culinaire ?

Source : Techcrunch

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