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Credits image : Clayton Cardinalli / Unsplash

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Cluely : jusqu’où peuvent aller les fondateurs de startups pour faire parler d’eux ?

Peut-on encore faire confiance aux fondateurs de startups dans un écosystème où la course à la visibilité semble parfois pousser certains à enjoliver la vérité ? C’est la question centrale que soulève l’affaire explosive qui entoure Roy Lee, cofondateur de Cluely, et son aveu fracassant : il a menti publiquement sur les chiffres de revenus de son entreprise.

Pourquoi Lee a-t-il annoncé à TechCrunch, l’été dernier, un chiffre d’affaires récurrent annuel (ARR) de 7 millions de dollars alors que ce montant était largement surévalué ? Sur X (ex-Twitter), l’intéressé plaide “l’erreur isolée”, allant jusqu’à affirmer qu’il aurait répondu à une “femme inconnue” qui l’aurait appelé à l’improviste. Mais s’agit-il vraiment d’une simple erreur de communication ou d’une stratégie de manipulation de l’information savamment orchestrée ?

Une plongée rapide dans les échanges entre Cluely et TechCrunch nuance fortement la version du fondateur. Contrairement à ses déclarations, c’est bien Cluely, via son agence de relations presse, qui a sollicité l’interview, transmis le numéro de Lee, et confirmé que ce dernier attendait bien l’appel de la journaliste. La démarche n’a donc rien d’accidentel ; elle participe plutôt à une volonté calculée de générer un engouement médiatique autour d’un produit alors en pleine ascension virale.

Manipuler la perception médiatique est-il devenu une arme secrète pour attirer investisseurs et utilisateurs dans le monde des startups ?

Cet engouement n’est pas anodin : à l’été 2025, Cluely incarnait la nouvelle pépite de la Silicon Valley, avec sa solution détonante permettant de tricher en ligne, sur fond de polémiques éthiques. La startup, propulsée par un post viral et une levée de fonds impressionnante (5,3 millions de dollars en amorçage, puis 15 millions en Série A avec Andreessen Horowitz), semblait prête à bouleverser le marché… quitte à jouer avec la frontière entre vérité et storytelling.

Mais à force d’orchestrer des opérations marketing provocantes, et d’adopter une stratégie de “rage-bait” assumée, Roy Lee n’a-t-il pas perdu de vue le conseil qu’il prodiguait lui-même lors de TechCrunch Disrupt : “il ne faut jamais communiquer de chiffres de revenus” lorsque le produit n’est pas encore stable ? Que penser d’un dirigeant qui, une fois pris au piège, tente de réécrire l’histoire sur les réseaux sociaux ?

Cluely tente aujourd’hui de se réinventer, s’éloignant de la tech de la triche pour devenir un assistant de prise de notes alimenté par l’IA. Mais après un tel aveu, la crédibilité du fondateur et de sa marque est-elle définitivement entachée ? Les investisseurs et utilisateurs suivront-ils, ou la confiance est-elle irrémédiablement rompue ?

La question demeure : dans un univers de startups où l’apparence compte parfois autant que la réalité, jusqu’où peut-on pousser le marketing avant de franchir la ligne rouge ?

Source : Techcrunch

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