« Dans l’espace, personne ne vous entend crier… sauf peut-être les croisiéristes un peu trop curieux ! » Voici le résumé, en version saga épique et burlesque, du dernier feuilleton spatial signé Blue Origin, la boîte à fusées de Jeff Bezos, alias Monsieur Amazon.
Dimanche dernier, tout était fin prêt sur la rampe de lancement de Cape Canaveral pour le second vol de la méga-fusée New Glenn. La tension était palpable, les caméras braquées, et même le soleil semblait vouloir assister au spectacle. Mais c’était sans compter sur Dame Nature, quelques caprices d’ingénierie, et… un navire de croisière perdu dans l’espace (ou presque) qui s’est invité en plein couloir de vol. Décidément, il n’y a pas que les oiseaux qui gênent les décollages à Cap Canavéral !
Résultat : pas de décollage ce jour-là. Blue Origin promet une nouvelle tentative le mercredi suivant, la FAA (l’aviation civile américaine) ayant accepté de relâcher un peu la bride malgré la paperasse et les petits soucis administratifs du moment. L’horaire reste large, de 14h50 à 16h17, ce qui laisse le temps d’espérer – ou d’être retenté par les bateaux-tampons.
Parfois, les plus grandes aventures spatiales commencent simplement… par une alerte météo et un paquebot égaré.
Mais si ce vol est scruté comme un épisode de série SF, ce n’est pas pour rien ! Cette mission a de quoi donner des sueurs froides (et quelques rides à Bezos). D’abord, New Glenn n’a pas encore montré toute l’étendue de ses super-pouvoirs de réutilisation. Lors du premier essai en janvier, la fusée a atteint l’orbite, mais la récupération du booster s’est terminée par une explosion façon feu d’artifice. Cette fois, Blue Origin espère voir le précieux booster revenir en douceur sur son drone-ship, histoire d’avoir une fin moins explosive.
Cerise sur la fusée, cette mission doit propulser l’engin ESCAPADE de la NASA vers Mars – rien que ça – avec en supplément un test technologique pour Viasat. Si le vol réussit, Blue Origin pourra enfin toiser SpaceX d’égal à égal. Et pour y parvenir, il faudra prouver que New Glenn sait envoyer des charges utiles dans l’espace sans faire exploser le budget… ni la fusée.
À l’origine prévue plus tôt dans l’année, cette deuxième tentative se fait donc attendre, baladée de reports en reports. Mais la vie est faite d’imprévus, et dans la jungle du spatial, même un timing parfait ne résiste pas à un coup de vent ou à des touristes en mal de sensations fortes.
Morale de l’histoire spatiale : avant de viser Mars, méfiez-vous des croisières en Floride. Comme quoi, même dans la conquête de l’univers, il y a toujours un grain de sable – ou de sel – pour pimenter les choses. Peut-être qu’à la prochaine, Blue Origin se dotera d’un klaxon interstellaire… histoire de prévenir les retardataires marins !
Source : Techcrunch




