Pourquoi Meta déploie-t-elle autant de nouvelles fonctionnalités sur Threads, son réseau social concurrent direct de X (anciennement Twitter), et à quel point ces mesures façonnent-elles le futur de nos conversations en ligne ? En l’espace de quelques semaines, Threads ne cesse d’enchaîner les annonces : après l’introduction des « communautés » et des « ghost posts » éphémères, l’application vient d’introduire une fonctionnalité inédite d’approbation des réponses. Mais quelles sont les véritables raisons de cette frénésie d’innovations ?
Aujourd’hui, Meta offre aux utilisateurs la possibilité d’approuver, un par un, les commentaires susceptibles d’apparaître sous leurs publications. Ce nouveau paramètre intrigue : est-ce un moyen de garantir la sécurité des échanges, ou une façon de contrôler davantage le débat au détriment de sa spontanéité ? La question se pose alors que la plateforme permettait déjà de restreindre les réponses à ses abonnés ou aux personnes mentionnées dans la discussion.
En instaurant ce filtre supplémentaire, Meta entend redonner le pouvoir aux créateurs de contenu tout en conservant une discussion publique ouverte. Mais n’y a-t-il pas derrière cette stratégie la volonté de séduire des utilisateurs en quête d’un espace moins chaotique que X, tout en rassurant les annonceurs soucieux d’éviter les bad buzz ? Qui bénéficie vraiment de ce contrôle renforcé, l’utilisateur ou la marque ?
Threads accélère ses innovations pour gagner à tout prix la bataille de l’attention et rassurer les nouveaux venus.
D’autant que Meta ne s’arrête pas là : la firme déploie également de nouveaux filtres pour trier plus finement les interactions dans le flux d’activités (réponses des abonnés, mentions, contenus vérifiés, citations…). S’agit-il de véritables outils d’émancipation numérique, ou de simples gadgets pour affiner la monétisation à mesure que l’audience explose ? Car Threads revendique désormais 150 millions d’utilisateurs actifs quotidiens, contre 100 millions en décembre 2024. Un chiffre qui ne laisse aucun doute sur l’enjeu économique derrière cette montée en puissance : la plateforme généralise désormais la publicité, et s’apprête même à lancer les publicités vidéo dans le fil… jusqu’où ira cette logique ?
Parallèlement, l’équipe de Threads n’oublie pas la personnalisation de l’expérience utilisateur. Adam Mosseri, patron d’Instagram, a récemment confirmé le test de nouveaux réglages pour que chacun puisse ajuster l’algorithme en fonction de ses propres centres d’intérêt. On sent là une volonté de coller toujours plus près des attentes du public, tout en conservant la main sur la visibilité de certains sujets ou tendances : pouvons-nous réellement faire confiance à ces nouveaux leviers, ou est-ce une illusion de contrôle ?
Face à ces évolutions, la question de fond demeure : Threads avive-t-il la promesse d’un réseau social plus sain et contrôlé, ou prépare-t-il simplement le terrain pour une exploitation commerciale encore plus fine de notre attention ? Les utilisateurs, submergés par la frénésie des nouveautés, sauront-ils finalement distinguer ce qu’ils gagnent de ce qu’ils perdent en liberté d’expression ?
Lorsque la technologie promet plus de contrôle et d’interactivité, faut-il applaudir ces avancées ou s’interroger sur ce qui est réellement en jeu pour notre vie numérique ?
Source : Techcrunch




