Quand la Tech écrit la partition de nos mémoires et de nos désirs

Illustration originale : Evan Iragatie / Flux

Edito
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Quand la Tech écrit la partition de nos mémoires et de nos désirs

En 2026, la soupe technologique mijotée par nos géants de la Silicon Valley ressemble à un curry bouillonnant d’innovations, d’annonces fracassantes et de déceptions programmées. Qu’ils s’appellent Threads, Limitless, Manus ou Peec AI, tous convergent désormais vers un même objectif : devenir le thermostat émotionnel de nos existences numérisées. Mais une question de fond s’impose : sommes-nous en train de fêter un progrès ou de nous jeter, volontaires et consentants, dans les filets d’une technologie qui façonne, archive et retaille chaque interaction à son goût ?

Prenez Meta, qui pousse la logique du contrôle conversationnel avec Threads : un filtre de plus, une illusion de liberté en supplément. L’ère du chaos façon X/Twitter ferait-elle place à la dictature douce de la modération algorithmique, seulement pour rassurer les annonceurs et polir la vitrine publique ? Pendant ce temps, alors que la marque orchestre l’absorption de Limitless, brillamment réduite à un service embryonnaire avec l’intégration de ses équipes dans les fin-fonds de la division AR/AI, on se demande si la promesse du « wearable AI » n’est pas, elle aussi, une nouvelle boîte de Pandore, ouvrant la mémoire numérique individuelle à la voracité insatiable des écosystèmes industriels.

Que ce soit via le diagnostic médical d’Inito, transformant nos salons en laboratoires connectés, ou avec Kaltura qui donne vie à nos avatars (et au passage, privatise un peu plus la relation humaine), la tendance est claire : nous transformons toute interaction en donnée, toute émotion en statistique. L’investisseur, lui, danse de joie à chaque nouveau tour de table, ravi que la virtualisation du vivant – et du souvenir humain – soit industrialisée par ces IA « pépites ». Quant à la protection des données, Google referme discrètement la porte du dark web, laissant l’utilisateur face à la jungle d’une cybersécurité à la carte, tandis que Peec rêve d’un nouveau SEO où l’on surveille non plus les requêtes humaines, mais les conversations entre intelligences artificielles.

Le vrai pouvoir n’est plus seulement d’indexer le monde, mais de remodeler la réalité à l’image de l’algorithme dominant.

La frontière s’estompe entre l’innovation qui libère et l’injonction à s’emboîter dans les cases étroites d’un progrès monétisé : même nos playlists deviennent des langages sociaux (Airbuds), pendant que la robustesse d’une batterie « metal can » dans le dernier iPhone ne parvient qu’à masquer la stagnation chimique sous une nouvelle coque. Au fond, tout est question d’apparence : qu’il s’agisse de la santé, de la mémoire, du lien social ou du stockage d’énergie, l’enjeu n’est plus tant d’innover que de capter, filtrer et vendre l’attention et la confiance.

Face à cet écosystème tentaculaire, chaque startup, chaque idée, chaque pixel semble voué à une seule trajectoire : être absorbé, poli, rentabilisé par le prochain mastodonte technologique – qu’il s’appelle Meta, Google ou Apple. Reste la question qui fâche : qui saura encore résister à ce grand lessivage algorithmique et préserver une parcelle d’imprévu, de spontané, sinon d’humanité brute ? Peut-être ce sera le hobby modeste d’un développeur de quartier, ou la cohabitation fragile d’une playlist partagée, mais, pour l’instant, la grande partition est écrite par quelques chefs d’orchestre décidés à régler nos émotions… et notre batterie interne.

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