À qui profite le chaos technologique ?

Illustration originale : Evan Iragatie / Flux

Edito
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À qui profite le chaos technologique ?

Le progrès ne dort jamais, il tape, il scanne, il s’injecte partout : du paiement par tap-to-pay avec Google Pay Flex en Inde à la déferlante des agents IA dans les portails pour développeurs façon Port, la tech ne se contente plus de réinventer la roue, elle veut désormais la vendre, la faire coder, la raconter et la facturer toutes les cinq minutes. Mais au fil de cette accélération, on ne sait plus trop si la promesse de “simplicité” n’est pas devenue la boîte de Pandore d’un monde toujours plus opaque et piloté par l’intelligence — artificielle ou bien capitalistique.

Prenez Disney : hier encore parangon du copyright férocement protégé, aujourd’hui, la firme s’acoquine avec OpenAI pour transformer Mickey et Iron Man en contenus “à la demande” sur Sora, tout en poursuivant Midjourney ou Character.AI pour les mêmes dérives qu’elle orchestre désormais elle-même (Disney peut-il vraiment contrôler l’ère IA ?). L’ambiguïté n’a jamais été aussi rentable : la même innovation qui promet d’ouvrir la créativité à tous — de l’Indien demandant une carte de crédit sur Google Pay à l’enfant lançant une vidéo Marvel avec trois clics — se referme sournoisement sur des écosystèmes verrouillés et des modèles de propriété qui n’appartiennent plus à personne sauf, étrangement, aux GAFAM et à leurs avatars OpenAI.

Dans ce grand jeu, même la voiture autonome se rêve gardien vertueux de la ville, alors même que les voitures Waymo (Waymo : expansion audacieuse ou précipitation risquée ?) peinent à ne pas écraser le rêve, voire les bus scolaires. Le paradoxe est total : la technologie, censée sécuriser, rationaliser, démocratiser, finit par faire naître une incertitude où l’on n’ose plus traverser la rue sans consulter des données de sécurité, pendant que l’IA, censée émanciper les masses du code, les entraîne dans de nouveaux labyrinthes logiques — comme Emergent et sa fausse promesse du code sans complexité (Emergent va-t-elle vraiment démocratiser ?)

Au royaume de la friction zéro, la confiance se délite aussi vite qu’elle s’installe, et la vraie transparence est devenue le dernier mirage à la mode.

Même le chantre de l’électrique, Tesla, vacille sur ses bases (Tesla : vers la fin d’une domination électrique ?) : tour à tour star et paria d’un marché pris en tenaille entre subventions siphonnées et rouleau compresseur chinois, Elon Musk comprend trop tard que vendre l’IA ou le robot humanoïde ne fait pas oublier la panne d’inspiration ni la dépendance au vieux mythe de la bagnole qui fait rêver. Pendant ce temps, dans l’ombre des plateformes, les Port et consorts viennent remettre de l’ordre dans l’anarchie des agents IA, pensant (naïvement ?) que l’organisation suffira à apaiser la panique existentielle d’une industrie qui ne sait plus trop qui dirige, du développeur ou de l’algorithme (Port face à Spotify).

On voulait plus d’autonomie, plus d’accessibilité et plus de personnalisation : on récolte le règne du prompt, des étoiles de cashback, et des portails IA qui surveillent la créativité comme on surveille les bus scolaires. Le vrai visage de la “démocratisation technologique” ressemble-t-il à cette gestion totalisante, mâtinée d’un paternalisme algorithmique et accompagné d’une marchandise émotionnelle en streaming ? Ou bien s’agit-il encore d’un simple épisode dans la longue série de la tech, où chaque “révolution” commence par une promesse utopique… avant de finir en micro-paiement, abri triple-safe et clause de non-responsabilité ?

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