Comment la prochaine génération d’entrepreneurs pourra-t-elle s’emparer de l’IA sans détenir un diplôme de développeur ? Cette question intrigue tout le secteur des technologies, et la trajectoire récente de Shanea Leven ne fait que l’amplifier. Que faut-il vraiment pour créer une entreprise florissante quand l’intelligence artificielle pénètre tous les recoins du business ?
Cofondatrice d’Empromptu, Leven, qui avait déjà goûté au succès lors du rachat de CodeSee en 2024, partage deux leçons : faut-il vraiment choisir entre ce que le marché demande et ce qui fait rêver les investisseurs ? Et la révolution de l’IA efface-t-elle vraiment les exigences fondamentales en matière de sécurité et de fiabilité, ou sommes-nous tous tenus de respecter les mêmes règles du jeu, malgré l’aspect futuriste de la technologie ?
Avec l’aide de Sean Robinson, chercheur en IA, Empromptu se veut la passerelle entre le monde technique et les métiers plus traditionnels. L’entreprise propose-elle véritablement un changement de paradigme en promettant aux non-spécialistes de réaliser, via une interface simple, des projets d’IA dignes des plus grands ? L’utilisateur peut-il vraiment passer d’une idée à une application concrète, simplement en discutant avec un chatbot intelligent ?
Empromptu prétend démocratiser le développement d’applications IA ; mais l’accès pour tous à cette technologie révolutionnera-t-il vraiment nos entreprises ?
Le discours de Leven se veut pragmatique : là où d’autres startups vantent le “vibe coding” pour expérimenter vite, Empromptu promet de transformer ces essais en véritables fonctionnalités, prêtes à être livrées à de vrais utilisateurs, avec des solutions intégrées d’évaluation, de gouvernance et d’amélioration automatique. Le produit cible, entre autres, les secteurs les plus réglementés et complexes, où la conformité et la qualité sont non négociables. Mais l’écart entre la promesse et la réalité n’est-il pas plus grand qu’il n’y paraît ?
En levant deux millions de dollars en amorçage auprès de Precursor Ventures et d’autres investisseurs notables, Empromptu s’arroge les moyens de ses ambitions. Cette manne financière servira à recruter des talents et à investir dans des innovations propriétaires, comme la création de modèles de données sur-mesure ou la “mémoire infinie” pour ses applications. S’agit-il d’un simple effet d’annonce pour rassurer le marché, ou ce cap technologique suffira-t-il à installer Empromptu au centre des écosystèmes IA d’entreprise ?
Pourtant, la plus grande question pourrait bien être sociétale : Empromptu promet de libérer les fondateurs des carcans techniques afin qu’ils innovent sans barrière. Mais la démocratisation de l’IA, aussi séduisante soit-elle, risque-t-elle de banaliser la complexité du métier ou au contraire d’ouvrir la porte à une vague de nouveaux créateurs ?
Leven l’affirme, apprendre à manipuler l’IA deviendra “une compétence comme une autre”, facilitée par… l’IA elle-même ! Est-ce le début d’une nouvelle ère d’entrepreneuriat, où chaque PME, hôtel ou société de services pourra façonner son futur numérique sans intermédiaire ?
Finalement, Empromptu peut-il tenir toutes ses promesses, ou l’écart entre rêve et exécution restera-t-il le véritable défi du secteur ?
Source : Techcrunch




