« Qui sème des robots récolte parfois… la poussière ! » Voilà une devise qu’iRobot, pionnier du ménage automatisé, aurait sans doute aimé ne jamais incarner. Pourtant, après 35 ans à faire virevolter des flexibles sous les canapés du monde entier, la saga Roomba vient de frôler un grand sac plein de clous – et pas ceux qui raclent le sol.
iRobot, c’est cette startup américaine née des cerveaux inspirés du MIT, qui a donné naissance en 2002 à l’aspirateur le plus cool du quartier (et accessoirement au taxi préféré des chats jongleurs sur YouTube). Rodney Brooks et ses acolytes voulaient créer des robots brillants et simples, capables de faire le boulot à notre place. Mission accomplie : 50 millions de robots vendus plus tard, iRobot était dans toutes les chaumières, prêt à avaler les miettes… et à récolter une pluie de dollars au passage !
Le succès fut tel que l’entreprise commença même à investir dans d’autres startups de robots, comme le parrain bienveillant du ménage. Mais en 2022, alors que la grande Amazon tente la fusion pour 1,7 milliard de dollars, c’est la douche froide. Les régulateurs européens voient rouge : Amazon ne doit pas aspirer la concurrence avec Roomba dans son panier. Résultat ? Deal annulé, 94 millions de dollars de frais de rupture, et un CEO qui claque la porte… pas bien rangée.
La poussière n’attend jamais, même quand on croit tout avoir nettoyé.
Le vrai plot twist, c’est que les causes de la chute ne sont pas qu’un micmac de rachat raté. Le marché des aspirateurs robots a été envahi par des concurrents chinois prêts à vendre à prix cassés, tandis que la fameuse supply chain faisait des siennes. Même l’intervention d’un investisseur (le groupe Carlyle) n’a fait que repousser le passage devant le tribunal… et finalement, l’aspirateur préféré des occidentaux est redevenu un projet « made in China », avec la reprise de commande par Shenzhen PICEA Robotics, son principal fournisseur. On dit que même les robots ont fini par soupirer.
Et le consommateur, dans tout cela ? Rassurez-vous, ni panic room ni poussière éternelle en vue : iRobot promet que vos Roomba continueront à aspirer vaillamment, les applis fonctionneront et le service client reste opérationnel. Même la nouvelle direction promet de choyer salariés et créanciers. Ça mettrait presque la larme à l’œil, si ce n’était pas notre robot qui passait le Swiffer à notre place !
Mais attention, dans le monde impitoyable de la tech, l’incertitude plane. On sait juste que tant que les serveurs d’iRobot tourneront, votre robot aspirateur restera un fidèle compagnon – quitte à retrouver un jour, en cas de coup dur, la saveur vintage du bouton physique. Finis les ordres vocaux tranmis depuis le canapé à Alexa, retour à la bonne vieille tradition d’appuyer sur le bouton (et de regarder le chat essayer de grimper dessus, évidemment).
Morale de l’histoire : même un robot qui sait contourner les fauteuils n’évitera jamais totalement les embûches du capitalisme ni la bataille féroce du commerce mondial. Mais dans le fond, c’est un peu comme un Roomba après un marathon : il finit toujours par rentrer à la base. Et même si la poussière retombe, elle n’a pas fini de surprendre… ni d’attirer ceux qui veulent encore croire à la maison du futur. Parce qu’en tech, quand tu crois avoir pris le dessus, c’est souvent le destin qui appuie sur le bouton « reset ».
Et si tout cela ne vous a pas donné envie de passer l’aspi… dites-vous bien qu’à la fin, il reste toujours un coin de meuble que même Roomba n’atteint pas. Et, franchement, c’est balai !
Source : Techcrunch




