« On ne peut pas acheter le bonheur, mais on peut acheter une IA qui parle, et c’est presque la même chose » — Proverbe du futur écrit sur la voix-off d’une pub d’ascenseur.
En Inde, il paraît que tout le monde veut parler, et maintenant, même les machines s’y mettent ! Les rapports d’industrie montrent que la demande monte en flèche pour l’IA vocale. Les entreprises, des géants aux petites pousses, cherchent à intégrer des assistants vocaux pour tout faire : aider leurs clients, vendre, recruter, former, et, qui sait, peut-être un jour prendre la commande chez le marchand de lassi. Mais entre réclamer une voix sexy et payer pour l’innovation, il y a parfois tout un monde (et beaucoup d’accents indiens à comprendre !).
C’est dans ce joyeux vacarme qu’arrive Bolna, un nom qui, ironiquement, veut dire « parler » en hindi. Ses fondateurs, Maitreya Wagh et Prateek Sachan, ont essuyé plus de refus que d’appels manqués sur une vieille ligne BSNL : Y Combinator, le king de l’invest d’amorçage, les a recalés 5 fois, pensant que personne n’ouvrirait son porte-monnaie pour parler avec une machine, même polie. Grave erreur ! À force de persévérance et avec un chiffre d’affaires tout droit sorti d’un conte de fées de la startup nation (25 000 $ par mois), Bolna fait enfin son entrée triomphante dans la promo automne 2025. Comme quoi, tout vient à point à qui sait troller.
Il en fallait plus pour calmer la curiosité de la Vallée ! Bolna a enfoncé le clou cette semaine en annonçant une levée de fonds de 6,3 millions de dollars, menée par General Catalyst avec une brochette d’investisseurs qui, apparemment, aiment accorder de la voix à leur portefeuille. La recette Bolna ? Un « orchestration layer » pour la voix — comprenez : une plateforme qui connecte toutes sortes d’IA vocales et s’adapte au joyeux bazar des conversations indiennes, de l’anglais, de l’hindi, et toutes les nuances qui flirtent avec les deux, sans oublier des fonctionnalités inédites, comme parler chiffres en anglais ou comprendre les mélanges linguistiques façon Bollywood.
Pour percer dans la tech indienne, il ne suffit pas d’avoir une bonne voix, il faut surtout bien savoir l’accorder à toutes les oreilles (et à tous les business models).
Mais la vraie pirouette de Bolna, c’est sa simplicité : n’importe qui peut créer son agent vocal en le décrivant simplement, pas besoin d’avoir lu tous les manuels OpenAI ! Résultat : 75% de leurs revenus viennent de clients qui se débrouillent tout seuls. Et si un modèle vocal semble dépassé, hop, il suffit d’en changer, Bolna gère la transition sans fausse note. Un vrai chef d’orchestre, mais pour bots et humains en quête de fluidité linguistique.
Leur clientèle ? Un mix savoureux : plateformes de revente automobile, applis de ménage à domicile, boissons, et même des sites de rencontres. Bref, tout ce qui, en Inde, génère un flux d’appels et a besoin que ça réponde du tac au tac (ou « tchak au tchak », selon l’accent). Les PME s’y retrouvent via le self-service tandis que pour les grands comptes, Bolna dégaine une équipe de « forward-deployed engineers » – des ninjas du code qui travaillent main dans la main avec les clients, histoire que la voix soit vraiment celle qu’on veut entendre. D’ailleurs, ça embauche sec pour suivre la cadence : apparemment, tout le monde aime s’entendre parler.
Côté succès, Bolna enchaîne les records : plus de 200 000 appels par jour, bientôt 700 000 $ de revenus récurrents annuels, et de nouvelles langues régionales qui s’invitent dans la conversation. Chez General Catalyst, on applaudit la flexibilité – chacun peut choisir son modèle, jouer avec les réglages, et personnaliser son agent à volonté. En résumé, Bolna fait parler l’Inde, une API à la fois, et prouve enfin que parfois, pour récolter des millions, il suffit de bien savoir… placer sa voix !
En conclusion, l’histoire de Bolna montre qu’il ne suffit pas de « parler » pour se faire entendre dans la tech indienne, il faut surtout être prêt à monnayer le bon accent. Alors, la prochaine fois que vous répondrez à un robot, dites-vous que quelque part, à Bangalore, on vous écoute déjà… et que ça rapporte !
Source : Techcrunch




