Du câblage au caca d’IA : au bal de la techno-spectacle, qui orchestre qui ?

Illustration originale : Evan Iragatie / Flux

Edito
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Du câblage au caca d’IA : au bal de la techno-spectacle, qui orchestre qui ?

Si Beeple nous offre d’étonnants chiens robots déféquant de l’art NFT, Google muscle sa puissance invisible avec un Vahdat élevé au rang de « maître des tuyaux » (source), pendant que Runware tente d’industrialiser la production de contenus IA génératifs (voici pourquoi). Le mois de février 2026 ressemble à une immense parade où la technologie, désormais starisée, joue toutes les partitions de la création, de l’industrie et du marketing — laissant au consommateur la tâche confuse de deviner où commence la magie et où finit la supercherie.

L’infrastructure bétonnée par Amin Vahdat profite directement aux miracles que Runware entend distribuer à la vitesse de la lumière. L’artificialisation de la génération d’image et de vidéo en temps réel n’a rien d’un conte de fée autonome : chaque modèle d’IA, chaque « excrément artistique » évacué par le robot de Beeple dépend d’une quantité inouïe d’électricité, de serveurs et de puces optimisées comme l’Ironwood de Google. Le poète digital qui télécharge un NFT tiède d’Art Basel Miami Beach ignore probablement qu’il vient de mobiliser quelques exaflops de calcul distants, orchestrés par un chef d’orchestre plus doctorant que rock star, mais adulé en coulisses des data centers.

Dans cette ruée vers l’industrialisation esthétique, Runware s’infiltre pour proposer la génération massive et instantanée de médias, « à la demande », promettant de démocratiser la créativité. Mais à force d’accélérer, ne transforme-t-on pas le geste créateur en équivalent de la junk food, là où l’art prétendait il y a peu ralentir le monde ? Beeple, sentinelle narquoise de cette débauche techno-commerciale, ne fait finalement que retourner le miroir : n’est-ce pas le public lui-même qui exige la provocation, la vitesse et la saturation ? Chez Google, on compte les exaflops ; chez Beeple, on encadre des échantillons de flatulences picturales. La technique féconde le marketing tandis que l’audace artistique devient un simple KPI sur les marchés NFT.

L’informatique souterraine d’un Vahdat, les happenings-robots de Beeple et la startupisation de l’IA générative témoignent d’un même spectacle : fabriquer de la démesure, tout en prétendant qu’elle est accessible à chacun.

Cet écosystème — du câblage du cloud à l’extravagance des galeries, de la start-up survitaminée au dogmatisme de l’efficacité — nous conduit surtout à repenser ce qui fait valeur, sens et nécessité à l’ère des machines créatives. Car lorsque l’infrastructure devient star et que le happening se mesure en excréments pixellisés, la question se pose : la technologie façonne-t-elle encore l’avenir, ou recycle-t-elle à l’infini ses propres mythes de disruption et de révolution permanente ? Peut-être faudra-t-il bientôt attendre de nos IA non seulement qu’elles produisent, mais qu’elles fassent, enfin, le tri entre l’art véritable et les illusions rentables.

La voie est ouverte : à force de chercher ce qui brille, il serait peut-être temps de s’intéresser aussi à ce qui relie — pas seulement les câbles et puces, mais bien nos attentes désillusionnées face au spectacle de la machine devenue idole, prêtre, et parfois… farceur. Après tout, entre la siliconisation du génie et la numérisation des ordures, c’est le public qui, chaque jour, doit choisir s’il veut consommer ou comprendre.

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