Que se passe-t-il vraiment lorsque les robots prennent le volant dans nos villes et que la lumière s’éteint aux carrefours ? Ce week-end, San Francisco a servi, une fois de plus, de laboratoire urbain grandeur nature pour Waymo, la filiale de Google spécialisée dans la conduite autonome. Mais sommes-nous prêts à accepter que nos rues se retrouvent bloquées à cause d’une simple panne d’électricité ?
Waymo insiste sur le fait que ses robotaxis appliquent le code de la route à la lettre : en cas de feu tricolore hors service, ils sont censés se comporter comme à un stop à quatre voies, c’est-à-dire avancer prudemment après avoir laissé la priorité aux autres. Alors, pourquoi un incident de ce genre a-t-il généré embouteillages et vidéos virales ? Le système semble théoriquement infaillible, mais se heurte-t-il à ses propres limites dès que la réalité se complique ?
La clé du dysfonctionnement réside dans la gestion des incertitudes. Dès que la situation dépasse le cadre strict de ses algorithmes, chaque robotaxi Waymo sollicite une validation de son équipe humaine de supervision, la “fleet response team”. Mais dans le cas d’une panne généralisée, comme celle survenue samedi dernier, le nombre de requêtes envoyées a explosé, engorgeant le système et bloquant des véhicules à des intersections. Comment l’intelligence artificielle réagit-elle vraiment dans le chaos urbain ? Est-elle capable de prioriser différents types d’urgences ou risque-t-elle la paralysie dès que trop d’imprévus s’accumulent ?
Face à des scénarios inédits, même les robots doivent apprendre… et vite.
Afin d’éviter la répétition d’un tel scénario, Waymo annonce une mise à jour majeure : désormais, son logiciel intégrerait le contexte des coupures électriques régionales et offrirait une plus grande capacité de décision sans intervention humaine. Cela suffira-t-il à résoudre le problème, ou ne fait-on que déplacer la frontière entre autonomie et supervision ? L’innovation progresse, mais chaque incident dévoile une nouvelle faille à combler. Jusqu’à quel point l’intelligence des machines pourra-t-elle s’adapter à la complexité urbaine ?
Waymo revendique malgré tout un certain succès : ses véhicules seraient passés sans encombre devant plus de 7 000 feux de circulation inactifs ce fameux samedi. N’est-ce pas la preuve que la conduite autonome avance à grande vitesse, malgré quelques bugs notoires ? Ou doit-on s’inquiéter de tous ces petits détails qui, mis bout à bout, pourraient mortellement gripper la révolution robotaxi ?
La société reconnaît d’ailleurs que l’incident de samedi s’ajoute à une liste de défis techniques non anticipés. Récemment, d’autres “mises à jour d’urgence” avaient été imposées après que des robotaxis sont restés figés devant des bus scolaires, pousser la NHTSA à ouvrir une enquête et à demander un rappel de logiciel. Est-ce là un prix à payer inévitable pour perfectionner une technologie amenée à bouleverser nos habitudes urbaines, ou un signal d’alarme sur une industrie qui va parfois plus vite que la musique ?
À mesure que Waymo corrige ses erreurs sur le terrain, se pose la question fondamentale : qui prend vraiment les décisions quand on met la ville entre les mains des algorithmes ? Les humains garderont-ils le dernier mot ou finiront-ils par s’effacer devant la froide logique des machines ? Et vous, seriez-vous prêts à monter à bord d’un robotaxi un soir de black-out ?
Source : Techcrunch




