« Pourquoi les arbres font-ils de meilleurs collègues que certains humains ? Ils sont déjà branchés, et ils oxygènent l’ambiance. » Voici la devise de Varaha, la start-up indienne qui veut vraiment donner de l’air au secteur du climat ! Fondée il y a à peine deux ans, cette jeune pousse vient de lever 20 millions de dollars pour déployer ses (ra)cines sur la planète, tout en promettant à ses clients des crédits carbone moins chers que l’air qu’on respire dans certaines mégapoles.
Derrière ce nom mystérieux (qui évoque à la fois une divinité indienne et la bravoure d’un sanglier), on trouve des ambitions bien terrestres : Varaha veut se positionner sur le marché mondial de la capture du carbone, en s’appuyant sur les atouts du Sud Global. Comprenez : plus de talents techniques, des cultivateurs par milliers et, chez eux, faire du bien à la planète coûte trois fois moins cher qu’en Occident ! S’ils y arrivent, ce ne sera pas de la magie, mais de l’exécution à l’indienne : travailler plus, pour produire mieux… et moins cher.
Leur secret ? Pas tant une super tech sortie tout droit d’un film de Bollywood que la capacité d’aller vite et d’impliquer tout le monde, surtout ces petits exploitants agricoles qui bossent dur sous le soleil. Biochar, agroforesterie, agriculture régénératrice, ou encore captage de carbone via la roche volcanique : Varaha s’illustre sur quatre fronts majeurs pour produire des crédits vérifiés et reconnus aux quatre coins du globe. Bref, il fallait au moins quatre bras… ou plusieurs milliers de petits bras agricoles !
Avec Varaha, le carbone fait ses valises du Sud vers le Nord, mais le portefeuille des entreprises reste (un peu plus) léger.
À ce jour, plus de 2 millions de tonnes de CO₂ ont été absorbées grâce à 14 projets actifs : de quoi faire rougir la forêt d’Amazonie… ou du moins donner des idées à Google, Microsoft, Lufthansa et cie qui ont tous signé chez Varaha, histoire d’acheter un crédit d’air pur pour leurs data centers affamés d’électricité. Mieux encore : biochar made in India, crédits à la roche volcanique made in Asia – la start-up adore les premières mondiales. De quoi prouver qu’on peut être à la fois green et disruptif sans trop de greenwashing !
Le modèle, vous l’aurez compris, est simple mais costaud : Varaha développe, mesure, vend, et laisse même les industriels générer leurs propres crédits grâce à son « Industrial Partners Program ». Twistez du riz, brûlez du bois de façon maligne (biochar), Varaha mesure tout et revend le mérite. C’est open source, c’est collaboratif et, surtout, c’est scalable ! Décidément, qui aurait cru qu’un producteur d’acier ou un agribusiness ivoirien aurait sa place dans la nouvelle ruée vers l’or… carbone ?
Côté chiffres, la start-up pèse déjà près de 11 millions de dollars de chiffre d’affaires prévu, plus de 170.000 agriculteurs engagés et bientôt de nouveaux marchés à conquérir (Vietnam, Indonésie…). Et pour piloter tout ça ? 230 Varahiens (oui, nouveau mot) dont 80% demeurent en Inde, tandis que le reste du monde profite des bons accents du sous-continent… et d’une planète un poil plus respirable.
À écouter ses investisseurs, Varaha pourrait bientôt supplanter les mastodontes occidentaux et bâtir, depuis l’Inde, la première plate-forme mondiale de capture carbone qui a du sens, qui impacte vraiment, et qui ne coûte pas la folie — ou, en un mot, une « start-up verte qui voit… verts ! »
Au final, entre un crédit carbone suisse et un crédit made in Mumbai, il vaut mieux choisir celui qui a la meilleure racine financière… même si, pour sauver la planète, il faut toujours garder les pieds sur terre. Allez, la prochaine révolution indienne pourrait bien être… photosynthétique !
Source : Techcrunch




