De la Startup Nation à la Robofiction : Humains en voie d’automatisation

Illustration originale : Evan Iragatie / Flux

Edito
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De la Startup Nation à la Robofiction : Humains en voie d’automatisation

L’humain serait-il devenu le passager clandestin, parfois relégué, souvent sculpté, de la grande migration numérique ? Dans une semaine où l’on code plus vite qu’on n’enseigne, où les startups étudiantes deviennent la nouvelle aristocratie capitaliste, histoire de lever des fonds la veille du contrôle de maths, la technologie s’infiltre partout avec la délicatesse d’un robot DoorDash sur un trottoir bondé. La génération Z business se construit son QG à coups de hackathons, mais pendant ce temps, nos interactions sociales et commerciales, qu’elles soient sur Facebook Marketplace ou par robot livreur, se voient rabotées au nom de l’automatisation, prêtes à être digérées par le grand estomac de l’IA.

Car l’IA ne se contente plus de squatter les open spaces ni de rédiger les newsletters de nos bureaux via Gemini ; elle investit aussi l’intimité des foyers, de la gamelle connectée pour chat (et autres gadgets pour animaux) jusqu’au big data de Databricks qui rêve de donner à ses IA des accès directs – et bavards – à la comptabilité des boîtes. Chacun cherche à sortir du lot via une expérience lisse, personnalisée et sans accroc, mais n’est-on pas, à force d’unifier l’interface, en train de lisser notre humanité ? Les conversations “vendeur-acheteur” sur Facebook Marketplace, jadis remplies de typographies douteuses et d’humour involontaire à 2h du mat’, sont aujourd’hui mitraillées par des scripts conversationnels où la spontanéité n’a plus voix au chapitre.

Entre l’explosion des grands modèles de langage internationaux (bonjour Sam Altman, levées de fond et stress traumatique chez OpenAI !), la multiplication de la parentalité “augmentée” dans un MYST de plus en plus épais (cf. la bataille parentale du contrôle numérique), et l’omniprésence de robots “aimables” mais anxiogènes dans nos villes, le citoyen de 2026 n’a plus qu’à choisir son camp technologique : sera-t-il coaché, monitoré, ou tout simplement “ghosté” par l’IA, y compris quand il parle tout haut à son chien par caméra interposée ? Même les plateformes de datawarehouse veulent remplacer nos chers logiciels métier par de l’IA causante… et si on se mettait à regretter la galère d’un bon vieux tableur Excel rempli de fautes de frappe ?

La grande interface IA ne fait pas que connecter nos vies : elle en déconnecte l’essence même.

Finalement, que l’on parle d’accélérateurs étudiants qui transpirent la “startup nation”, de la volonté de Google de faire de Gemini le chef d’orchestre invisible de nos quotidiens ou du modèle de Databricks, tout converge vers un même dessein : éradiquer le grain de sable humain pour fluidifier la grande machine algorithmique. L’intimité — qu’on la trouve dans la vente de son vieux canapé, la livraison de sa pizza, ou dans l’accompagnement parental — passe sous les fourches caudines du code optimisé, du chatbot omniprésent, et du robot conçus pour faire sourire dans les publicités mais réveiller l’angoisse existentielle lors d’un crash serveur ou d’un “fail” de modération parentale.

Pendant que la techno promet à tout-va de nous libérer des tracas et d’optimiser l’interaction, c’est peut-être le goût du risque, l’imprévu, la complexité et l’imperfection humaine qu’elle érode jusqu’à l’os. Chacun son jardin fermé : certains en rêvent pour leur data, d’autres pour leur animal égaré, d’autres encore pour protéger leurs enfants d’un clic de trop. Mais derrière chaque promesse d’un monde plus simple, la même interrogation revient, insatiable – et si c’était la friction, la surprise, voire la maladresse, qui constituaient la vraie valeur de notre humanité numérique ?

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