« Mon royaume pour une notification ! » criait probablement un utilisateur de Snapchat en manque de son « streak » quotidien. Mais cette soif insatiable pour les réseaux sociaux ne fait plus seulement rire : elle se retrouve désormais au cœur d’une tempête judiciaire bien réelle.
À quelques jours du lancement d’un procès très attendu, Snap, la maison mère de Snapchat, a opté pour le traditionnel « on se serre la main et on n’en parle plus ». Résultat : l’entreprise a conclu un accord amiable avec une jeune plaignante de 19 ans, K.G.M., qui l’accusait d’avoir conçu son application avec des fonctionnalités et algorithmes dignes d’un distributeur automatique de dopamine. Les détails du chèque restent, étonnamment, aussi secrets que le code source du prochain filtre à licorne.
« Les Parties sont heureuses d’avoir pu résoudre cette affaire à l’amiable », s’est félicité Snap, sans toutefois préciser si ce « happy end » inclura une photo avec oreilles de chien. Pourtant, loin d’être un cas isolé, cette affaire ne concerne pas que Snap. Au casting : Meta, YouTube, TikTok, toujours sans règlement trouvé, et potentiellement dans le viseur des prochaines salves judiciaires.
La bataille pour débrancher l’addiction numérique ne fait que commencer.
Le feuilleton ne s’arrête pas là. Selon certains documents internes, Snap était prévenu depuis presque une décennie des dangers psychologiques de ses cocktails colorés pour ados. L’entreprise se défend comme elle peut, invoquant la théorie du « hors contexte » ou du « fruit trop mûr cueilli pour l’exemple ». D’un revers de la main, elle balaye les allusions rebootées au scandale du tabac des années 90, où l’on accusait déjà les industriels de masquer les risques — cette fois, la cigarette a laissé place à l’infinite scroll façon TikTok et aux notifications push qui mettent le cerveau en mode hamster.
La pression monte, car le procès Snap aurait pu être le tout premier où un réseau social aurait dû se défendre devant un jury pour cause d’addiction… mais ce sera finalement Meta, TikTok ou YouTube qui inaugurera la barre. Si les accusateurs remportent la mise, l’addition pourrait s’élever à des milliards et contraindre les géants du scroll à modifier (un peu) leurs recettes secrètes.
Évidemment, les défenses sont affûtées et parfois cocasses. Les plateformes assurent que recommander des vidéos ou envoyer un « ping » n’est guère différent de choisir quel article mettre à la une dans un journal. D’ailleurs, c’est la liberté d’expression (First Amendment) qui est brandie comme porte-bouclier — à quand le premier Snap version « Déclaration des Droits » ?
Sous les paillettes et les filtres, la question des réseaux sociaux reste sérieuse : simple outil de partage ou machine à broyer l’attention ? On ne sait pas encore qui remportera ce match au long cours — mais, une chose est sûre, pour Snap, on a évité la grosse claque… du procès.
Un verdict ? À force de scroller sur le fil de l’addiction, certains réseaux pourraient bien finir par snap… crac !
Source : Techcrunch




