« L’avenir, c’est comme une version bêta permanente : toujours plein de bugs, mais aussi plein de surprises. » C’est à peu près l’état d’esprit d’Elad Gil, célèbre investisseur solo qui transforme chaque rendez-vous café en ticket gagnant de la tech. Lors de TechCrunch Disrupt 2025, il confie qu’entre toutes les modes et révolutions numériques, l’IA est celle qui s’est révélée la plus… imprévisible. Même un expert qui mise mieux que la météo sur les licornes de la Silicon Valley s’y perd parfois dans ses propres prévisions.
Ce monsieur, au carnet d’adresses qui ferait pâlir un bot LinkedIn, est actionnaire de toutes les pépites AI du moment et d’autres dont vous n’avez pas encore entendu parler (mais qu’on vous promet comme futures stars). Mais même lui, depuis 2021, reste ébahi devant le rythme infernal des avancées techniques. Déjà la grande différence entre GPT-2 et GPT-3 selon lui, c’était digne de la différence entre un bon croissant et un croissant industriel trop cuit. À ce rythme, extrapoler la suite donnait le tournis… mais aussi toutes les raisons d’investir à l’aveuglette.
C’est ainsi qu’Elad s’est lancé dans la ruée vers l’IA bien avant la fan zone actuelle. Il a misé sur les fabricants de modèles (OpenAI, Mistral), et sur les applications qui les exploitent, comme Perplexity ou Harvey. Mais, fidèle à son mantra, il continue d’admettre : plus il creuse, moins il comprend. Certains marchés sont devenus limpides tandis que d’autres restent flous dignes d’une webcam en 144p.
Dans l’IA, les dés semblent déjà jetés sur quelques marchés, mais le jeu reste ouvert partout ailleurs.
Car oui, il y a des gagnants déjà sur le podium. Pour les gros modèles de base, Gil cite Google, Anthropic, OpenAI, peut-être xAI ou Meta, et quelques autres. Bref, il n’y a plus vraiment de place sur le banc des fondateurs, sauf à inventer l’IA des IA. Pareil dans le domaine de la programmation assistée, où les Codex et Claude Code dominent la partie, suivis de pépites bien financées comme Cursor, Devin, Magic ou Poolside. Quant à la retranscription médicale, Abridge et Ambience tiennent la corde, tandis qu’en support client, c’est Decagon (son petit chouchou) qui se dispute le trophée avec des poids lourds comme Salesforce et HubSpot, tous bien décidés à donner la réplique à ChatGPT.
Mais la chasse aux marchés vierges est loin d’être finie. Gil voit encore d’énormes opportunités en fintech, accounting, sécurité IA et dans « tous ces coins qu’on sait stratégiques, mais où la meilleure équipe reste à deviner ». La rapidité n’est plus forcément synonyme de victoire : dans le boom actuel, même les mammouths du S&P 500 s’inventent des “AI Labs” à la chaîne, mais tout ce qui brille n’est pas or.
Résultat : il y a pas mal de “faux signaux”. Il n’est pas rare de décrocher Jackpot auprès de grands groupes en quelques semaines, mais rien ne garantit que la lune de miel dure. C’est le test du crash qui révèle la vraie valeur – et parfois, surprise, quelques start-ups font plus que survivre. Comme Harvey, l’IA juridique qui a tellement cartonné qu’elle a vu sa valorisation faire le grand écart façon contorsionniste professionnel, avec trois levées de fonds stratosphériques en six mois.
Bref, si l’IA vous paraît encore confuse, c’est normal : même pour les magiciens de la tech, ce n’est plus de la physique quantique, mais plutôt de la roulette russe… ou peut-être juste du poker menteur. Moralité : dans la tech, tout le monde veut son IA, mais il y aura plus d’élus que d’élus à l’IA. À bon entendeur, codez bien et à bientôt pour de nouveaux bugs !
Source : Techcrunch




