« Pourquoi traverser la route ? Pour rentrer à la maison et préparer son IPO ! » Ce n’est pas la blague favorite des e-commerçants, mais elle aurait pu l’être chez Flipkart, qui vient d’annoncer un grand retour en Inde après un voyage de plus de dix ans à Singapour. Est-ce la nostalgie des épices, la beauté des saris ou plutôt… une petite envie de bourse locale ? Spoiler : c’est surtout l’odeur de l’IPO qui a titillé les narines des dirigeants.
Flipkart, le géant indien du e-commerce désormais coiffé par les Américains de Walmart, fait donc demi-tour au pas de course pour rapatrier son siège social. Pas de valises Louis Vuitton mais un bagage de près de 500 millions de clients, 1,6 million de vendeurs, et une belle « petite » valeur marchande de 30 milliards de dollars. Oui, ils ont de quoi remplir quelques chariots… virtuels, bien sûr !
Ce mouvement stratégique n’est pas un cas isolé. Dans une ambiance de « grand rapatriement tech », plusieurs licornes indiennes comme Zepto et Groww ont aussi fait demi-tour ces derniers temps, attirées par les sirènes de la bourse nationale. Et si autrefois on s’exilait pour séduire les investisseurs étrangers ou jongler avec les règles fiscales, aujourd’hui, autant revenir mettre ses flammes sur le curry local, là où l’écosystème tech est en pleine effervescence.
Bon nombre de startups indiennes rentrent au bercail pour croquer dans le gâteau boursier national.
La décision ne s’est pas prise en une nuit et Flipkart a dû valider son changement de nationalité auprès des tribunaux de Singapour et des autorités indiennes avant d’obtenir le fameux tampon « home sweet home ». Accord obtenu ! Peut-on imaginer les champagne-pops dans les bureaux de Bengaluru ? Disons plutôt le chai qui infuse joyeusement pour fêter ce nouveau départ.
Un coup d’œil dans le rétroviseur : fondée à Bengaluru en 2007 – bien avant que les startups aient des Chief Chai Officers – Flipkart avait dû déménager à Singapour pour lever du capital. Depuis, la situation a changé. Entre croissance éclatante du marché en ligne (on approche du milliard d’internautes !) et volonté du gouvernement indien de garder ses joyaux à la maison, mieux vaut jouer la carte locale. Plus simple, plus rentable, moins de paperasse – sauf si vous le faites en ligne, naturellement.
La reconnaissance officielle du retour, saluée comme « une étape majeure » par Flipkart, sonne comme une promesse de fiançailles avec la Bourse de Mumbai. Il paraît que même les logisticiens d’Ekart, qui desservent plus de 22 000 codes postaux, n’ont jamais roulé aussi vite pour livrer une annonce aussi attendue.
Alors, Flipkart va-t-il réussir son passage devant le grand public et transformer l’essai en or sonnant ? Suspense… On vous remet ça la prochaine fois. Et pour finir sur une note légère, ne soyez pas étonnés si leur action fait des flips sur la bourse – c’est dans le nom !
Source : Techcrunch




