À l’approche des fêtes, une question se pose : l’intelligence artificielle va-t-elle révolutionner notre manière de faire du shopping en ligne, ou s’agit-il seulement d’un nouvel effet de mode technologique ? Cette semaine, OpenAI et Perplexity lancent chacun leurs outils de shopping boostés à l’IA. Leur promesse ? Transformer votre recherche d’achats, du choix du dernier ordinateur portable à celui de la robe parfaite, grâce à des assistants conversationnels intelligents. Mais peut-on vraiment s’attendre à une expérience unique, ou sommes-nous face à un miroir aux alouettes généré par l’IA ?
Comment ces nouveaux outils fonctionnent-ils exactement pour nous aider dans l’acte d’achat ? D’après OpenAI, il suffit de décrire un produit souhaité – par exemple, « un ordinateur portable de gaming à moins de 1 000 $ avec un écran de plus de 15 pouces » – pour obtenir une liste personnalisée. Ou encore, à partir d’une photo, l’IA peut dénicher des équivalents moins chers. Perplexity, quant à lui, mise sur la mémoire de ses bots, capables de soumettre des recommandations sur-mesure en fonction des habitudes ou du lieu de résidence de l’utilisateur. Mais la personnalisation n’est-elle qu’une question de données, ou y a-t-il une véritable compréhension du besoin ?
Les chiffres annoncés par Adobe sont vertigineux : le shopping en ligne assisté par IA pourrait croître de 520 % durant les fêtes. Face à cette explosion, des startups spécialisées comme Phia, Cherry ou Deft (devenu Onton) semblent promises à un bel avenir… à moins, bien sûr, que les géants comme OpenAI et Perplexity n’étouffent leur développement. Ces jeunes pousses peuvent-elles résister à une telle concurrence, ou sont-elles vouées à disparaître sous le rouleau compresseur du Big Tech ?
Le défi sera d’inventer des expériences suffisamment spécialisées pour échapper à l’hégémonie des généralistes tels qu’OpenAI.
Pour Zach Hudson, CEO d’Onton, la vraie valeur des startups IA réside dans la spécialisation pointue. Selon lui, ChatGPT et Perplexity restent tributaires de la qualité des résultats fournis par Bing ou Google, les rendant dépendants de sources limitées. D’où la nécessité, pour les jeunes entreprises, de bâtir leur propre base de données, optimisée pour des univers spécifiques comme la mode ou la décoration. Une stratégie réaffirmée par Julie Bornstein (Daydream), qui rappelle que le secteur de la mode, notamment, exige une compréhension émotionnelle et nuancée – bien au-delà d’une simple recherche textuelle.
Mais alors, les généralistes peuvent-ils égaler la connaissance fine et la pertinence des startups verticales ? Pour Bornstein, seule une intelligence artificielle formée sur des données spécialisées saura véritablement comprendre les attentes du consommateur. Les jeunes pousses qui se contentent d’utiliser des grands modèles de langage classiques risquent d’être aisément écrasées par l’ampleur d’OpenAI ou de Perplexity, capables d’intégrer des systèmes de paiement et de conclure des partenariats majeurs dès leur lancement.
Faut-il redouter que ces plateformes géantes transforment l’expérience d’achat en une énième tentative de rentabilité, en monétisant toujours plus la sélection des produits, quitte à exacerber tous les travers de la recherche en ligne actuelle ? Les experts interrogés rappellent que les modèles verticaux, conçus pour des besoins très précis (mode, voyage, décoration d’intérieur), restent les seuls à véritablement répondre à la complexité des décisions de consommation. L’IA généralisée restera-t-elle en surface, ou saura-t-elle – demain – combiner la puissance de frappe des géants et l’expertise des spécialistes ?
Finalement, la question centrale demeure : face à la montée en puissance de l’intelligence artificielle dans le e-commerce, les consommateurs gagneront-ils vraiment en qualité et en satisfaction – ou vont-ils simplement changer d’intermédiaire sans jamais voir leur expérience s’améliorer ?
Source : Techcrunch




