Comment les robots sous-marins peuvent-ils enfin briser le silence des profondeurs, sans risquer de se montrer à la surface ? C’est la question qui agite le monde de la défense maritime face à l’essor des opérations autonomes sous-marines. Depuis des années, ces vaisseaux automatisés restent confrontés au même dilemme : comment échanger des informations à grande distance sans se trahir face à d’éventuels adversaires ?
C’est à Tel Aviv qu’une startup, Skana Robotics, affirme avoir résolu ce casse-tête. Leur solution ? Un logiciel sophistiqué, SeaSphere, capable de coordonner et faire dialoguer une flotte entière de robots sous l’eau grâce à l’intelligence artificielle. Mais quelle forme d’IA peut fonctionner là où les modèles à la mode démontrent justement leurs limites ?
Selon Skana Robotics, le secret n’est pas dans la course à la nouveauté, mais dans le retour à des algorithmes plus anciens, mathématiquement robustes et surtout beaucoup plus prévisibles. Est-ce une nécessité pour garder la maîtrise des décisions prises par les machines, notamment lorsqu’il s’agit de défendre des infrastructures sensibles sous-marines ou de protéger les chaînes d’approvisionnement ? Ce choix technique soulève, en tous cas, une interrogation stratégique : jusqu’où accorder l’autonomie à ces unités, si elles évoluent loin de tout contrôle humain direct ?
La communication discrète, sûre et autonome entre robots sous-marins pourrait bien rebattre toutes les cartes de la guerre navale.
Derrière cette avancée se trouve le chercheur Teddy Lazebnik, qui explique avoir préféré sacrifier « le wow effect » des réseaux neuronaux modernes afin de garantir traçabilité et généralité des décisions. Faut-il alors privilégier l’explicabilité à l’intelligence brute ? Cette démarche questionne toute la filière IA, réputée pour l’opacité croissante de ses technologies les plus avancées.
Skana Robotics, créée en 2024 et tout juste sortie de l’ombre, vise principalement les gouvernements et les grandes entreprises européennes, dans un contexte géopolitique où la sécurité maritime s’est renforcée, surtout avec la guerre en Ukraine. La startup est déjà en pourparlers pour décrocher un contrat gouvernemental majeur, un premier test à grande échelle pour examiner si son logiciel tiendra ses promesses sur le terrain.
L’équipe affirme pouvoir démontrer que leur logiciel gère des manœuvres complexes à échelle industrielle, tout en sollicitant ouvertement les marines européennes à venir constater ses performances. Les promesses sont là, mais la concurrence et les preuves réelles restent à venir : Skana saura-t-elle convaincre que sa technologie constitue la nouvelle norme de la cybersécurité sous-marine, ou ne s’agit-il que d’un gadget de plus ?
Alors, la percée de Skana Robotics pourrait-elle révolutionner la manière dont les nations protègent leurs intérêts dans les eaux profondes, ou bien sous-estime-t-on la complexité à confier la communication et les décisions à des machines ?
Source : Techcrunch




