Que deviennent les batteries des robotaxis une fois arrivées en fin de vie sur les routes américaines ? Est-ce la naissance d’une filière d’économie circulaire au sein de la Silicon Valley ?
Waymo, l’un des pionniers de la conduite autonome, vient d’annoncer un partenariat inédit avec la société B2U, spécialisée dans le stockage d’énergie. Mais pourquoi ce choix, et qu’est-ce que cela dit sur la stratégie de l’entreprise vis-à-vis de l’impact environnemental de ses milliers de voitures, majoritairement des Jaguar I-Pace électriques, qui circulent actuellement ? Ce nouveau deal intrigue alors que Waymo commence à tester des vans de la marque chinoise Zeekr, diversifiant davantage sa flotte. La question de la gestion de ces batteries devenait donc pressante, voire inévitable.
Quel est l’objectif exact de cette alliance ? Officiellement, il s’agit d’offrir une « capacité de stockage de plusieurs centaines de mégawatts » au service des réseaux électriques en Californie et au Texas. Waymo reste discret sur le nombre précis de batteries concernées, et sur les modalités du projet. S’agit-il d’un premier pas timide ou de l’amorce d’un véritable virage industriel ? Les détails techniques – points essentiels pour évaluer la viabilité environnementale de cette initiative – se font attendre. Cette retenue n’est-elle pas surprenante pour un acteur qui s’affiche comme leader technologique ?
Face à la crise des déchets électroniques, la seconde vie des batteries des robotaxis pourrait-elle s’imposer comme une solution incontournable ?
B2U, pour sa part, s’inscrit dans un mouvement plus large de la filière « seconde vie » des batteries, un marché en plein essor. L’entreprise n’est pas la seule sur ce créneau : on pense notamment à Redwood Materials, fondée par JB Straubel, ex-CTO de Tesla et soutenue par Alphabet (maison-mère de Waymo), qui développe aussi des solutions de réemploi pour donner une seconde vie aux batteries usagées. Pourquoi alors voir de nouveaux partenariats émerger, au risque de créer de la concurrence interne ou de la redondance ? S’agit-il d’un test pour Waymo, ou d’une volonté de diversifier les fournisseurs et les débouchés de ses batteries ?
La question de fond reste la suivante : la valorisation des batteries en stockage stationnaire peut-elle réellement devenir une norme industrielle, et pas seulement une opération de communication verte ? Ce nouveau modèle permet-il réellement de retarder le cycle du recyclage, voire d’apporter un profit suffisant pour couvrir les coûts de gestion des déchets technologiques générés par des flottes de robotaxis toujours plus nombreuses ? Tant que Waymo ne rendra pas publics les résultats et l’impact réel de son partenariat avec B2U, les observateurs resteront dans l’expectative.
Finalement, cette initiative de Waymo soulève plus de questions qu’elle n’apporte de réponses. Signe des temps ou simple coup d’éclat ? L’avenir dira si la seconde vie des batteries saura s’imposer comme la nouvelle norme de l’écosystème technologique. En attendant, les autres géants de l’automobile s’aligneront-ils sur cette tendance, ou resteront-ils sur le modèle classique du recyclage, aux résultats parfois contestés ?
Source : Techcrunch




