Les utilisateurs de Google sont-ils véritablement conscients de la façon dont leurs données personnelles alimentent l’intelligence artificielle du géant américain ? Depuis un récent changement, Google stocke bien plus que vos simples recherches textuelles : images, fichiers, enregistrements audio ou vidéo – tout ce que vous partagez avec Google Search peut désormais servir à entraîner ses modèles d’IA. Mais, comment cette évolution a-t-elle pu passer quasiment inaperçue ?
C’est grâce à une mise à jour discrète annoncée dans un email à ses clients, en juin, que Google a étendu la portée de ses paramètres de confidentialité liés à ses services de recherche. Officiellement présenté comme une manière de donner “plus de contrôle” aux utilisateurs sur leur historique sauvegardé et les recommandations personnalisées, cette modification nous impose en réalité par défaut la collecte de nouveaux types de données pour l’entraînement de l’IA. Sommes-nous vraiment consultés avant que nos contenus ne deviennent des cobayes numériques ?
Les paramètres concernés (“Historique des services de recherche” et “Recommandations personnalisées”) permettent de choisir, en surface, la personnalisation de votre expérience Google et la durée de conservation de vos activités web et applications. Mais qui prend vraiment le temps d’aller les explorer ? Le changement ne concerne d’ailleurs pas que le moteur de recherche classique : Maps, Shopping, Vols, Hôtels, Traduction et News sont également dans le viseur. Avez-vous déjà utilisé Google Lens ou Search Live pour faire une recherche vocale ou visuelle ? Voulez-vous que vos photos ou paroles deviennent la matière première des futurs robots conversationnels ?
De plus en plus, les grandes plateformes exploitent les contenus générés par l’utilisateur sans consentement explicite pour nourrir leurs IA.
Google n’est d’ailleurs pas la seule entreprise à opérer ce virage audacieux. Meta (ex-Facebook) s’est aussi déjà illustré avec ses propres IA qui entraînent sur les données de ses utilisateurs, y compris ceux qui possèdent les fameuses Ray Ban Meta Glasses. Les arguments avancés sont-ils vraiment en faveur de l’utilisateur – ou bien sert-on surtout des intérêts industriels sous couvert d’innovation technologique ?
Face à ce constat, une question essentielle se pose : comment reprendre le contrôle sur ses données ? La bonne nouvelle, c’est que Google propose quelques options sur des pages réservées à la gestion de l’“Historique des services de recherche” et des “Recommandations personnalisées”. Il est gaspillé possible de décocher distinctement la case “Enregistrer les médias” ou même d’imposer une suppression automatique tous les trois à 36 mois. Mais ces options restent-elles accessibles et compréhensibles pour le commun des mortels, ou s’agit-il d’un labyrinthe bureaucratique ?
Contrairement aux anciens systèmes où la configuration principale était centralisée, Google a désormais distinctement séparé l’“Activité Web et Applications” et le nouveau réglage des historiques de recherche, activé par défaut. Un choix dans l’un des deux paramètres ne se répercute pas automatiquement sur l’autre : une complexification qui risque de piéger les utilisateurs inattentifs. Est-ce une évolution sécurisante, ou bien un moyen d’enterrer nos droits sous les cases à cocher ?
La multiplicité des données utilisées – recherches, médias, localisation, habitudes – suscite la question de leur exploitation réelle et de la transparence de Google. Les utilisateurs comprendront-ils un jour pleinement le sort réservé à leurs données privées ?
Source : Techcrunch




