rocket ship launching during daytime

Credits image : SpaceX / Unsplash

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Le pari du « fly, fail, fix » de SpaceX peut-il encore convaincre ?

Pourquoi SpaceX, cette icône de l’innovation spatiale, accumule-t-elle autant d’échecs alors que le monde attend chaque lancement avec impatience? Vendredi dernier, la société d’Elon Musk a offert au monde un spectacle mitigé : tandis que le premier déploiement de satellites Starlink troisième génération réussissait, le gigantesque booster Super Heavy s’est encore embrasé lors de sa tentative de retour contrôlé dans le Golfe du Mexique. Un nouveau revers pour cette fusée annoncée comme la plus puissante jamais construite. La confiance dans la vision de SpaceX doit-elle vaciller face à ces explosions répétées?

Depuis la sortie fracassante de SpaceX en bourse en juin dernier, les projecteurs sont braqués sur chaque prouesse… ou chaque raté. Ce test marquait la treizième tentative de faire voler Starship, un chiffre lourd de symbolisme. Le problème du Super Heavy, qui avait déjà été fatal lors du premier vol V3 en mai, persiste : vendredi, la séparation s’est certes bien déroulée et le module supérieur a accompli sa mission, mais la tentative de « faux atterrissage » du booster s’est soldée par une explosion, l’engin n’ayant pas pu remettre en marche tous ses moteurs à temps. Est-ce le prix inévitable de l’ambition, ou le signe d’une impasse technique?

Qu’est-ce que cela dit de la méthode SpaceX, connue pour son mantra « fly, fail, fix » (voler, échouer, corriger) ? Confrontée à une succession de déboires – notamment une tentative avortée la semaine précédente à cause de six moteurs défectueux, remplacés pour ce vol – la société doit maintenant composer avec une Bourse fébrile : l’action a fondu de moitié depuis ses débuts, et le dernier accroc a provoqué une chute supplémentaire après la clôture. Les marchés tolèrent-ils encore la philosophie de l’échec assumé à répétition, ou le scepticisme s’installe-t-il peu à peu?

Au-delà des échecs spectaculaires, SpaceX doit-il revoir sa façon d’innover, ou continuer à viser la réussite par l’apprentissage des ratés?

Pourtant, tout n’est pas sombre. La partie supérieure du Starship V3 a cette fois accompli un vol presque parfait. Aucun moteur perdu, un déploiement réussi de nouveaux satellites Starlink, puis une rentrée sur Terre maîtrisée et un amerrissage « en douceur » dans l’océan Indien, un exploit majeur quand on se souvient que le module finissait habituellement pulvérisé à l’impact. Pourquoi ce saut de performance pour la « Ship », alors qu’on semble piétiner sur le booster?

Curiosité supplémentaire : la capsule a flotté à la surface, permettant une inspection inédite de son bouclier thermique. Grâce à un drone, SpaceX a pu lancer une enquête sur l’état de cette protection cruciale après la fournaise de la rentrée atmosphérique. Ces observations pourraient-elles catalyser les progrès attendus ou révéler d’autres points faibles à corriger?

Le sort des nouveaux satellites Starlink illustre parfaitement les paradoxes actuels de SpaceX. Brûlés dès la réentrée – un rappel que Starship n’atteint pas encore l’orbite terrestre – ils ont toutefois fonctionné et communiqué avec la Terre. Un progrès technique, mais vers quel modèle économique durable? Car l’espoir affiché, c’est de lancer jusqu’à 60 satellites à la fois en V3, multipliant par vingt la capacité par rapport à la Falcon 9. Mais ce rêve ne devient-il réalité que si le booster Super Heavy devient lui aussi réutilisable?

L’enjeu est clair : sans réutilisabilité totale du Starship, le développement de Starlink – la seule branche rentable de SpaceX – serait à la fois plus lent et plus coûteux. A-t-on atteint un point d’inflexion, où les ambitions d’Elon Musk pourraient être freinées par la simple réalité technique et financière? SpaceX peut-elle encore accélérer son rythme, ou doit-elle accepter de ralentir pour fiabiliser son méga-système?

Devant ces questions, une dernière reste en suspens : le modèle « voler, échouer, corriger » de SpaceX est-il à la hauteur de l’enjeu, ou bien la conquête de l’espace nécessitera-t-elle un changement radical de stratégie?

Source : Techcrunch

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