Intuit deviendrait-elle le nouveau pionnier de l’intelligence artificielle dans le secteur financier? Avec la signature d’un contrat de plusieurs années dépassant les 100 millions de dollars avec OpenAI, quelles ambitions se cachent réellement derrière cette intégration massive de l’IA dans des applications telles que TurboTax, Credit Karma ou QuickBooks?
Les outils d’Intuit seront désormais accessibles directement depuis ChatGPT. Mais à quel point l’expérience utilisateur s’en trouvera-t-elle transformée? Les utilisateurs pourront-ils vraiment faire confiance à l’IA pour des tâches aussi sensibles que la gestion de leurs finances, l’estimation de remboursements fiscaux, ou l’envoi automatisé de rappels de factures?
Si l’on en croit Intuit, avec le consentement de leurs clients, leurs applications pourront accéder aux données financières personnelles afin de fournir des réponses sur mesure et même effectuer des actions concrètes – tout cela, au cœur de l’interface ChatGPT. Mais alors, jusqu’où sommes-nous prêts à déléguer nos décisions financières à un algorithme? Les risques de conseils erronés ou de réponses inventées, souvent dénoncés chez ChatGPT, ne risquent-ils pas d’alourdir la facture pour les clients les moins avertis?
L’intégration de l’intelligence artificielle dans la finance marque-t-elle une avancée indispensable ou une prise de risque incontrôlable pour les usagers?
Derrière ce partenariat, Intuit promet de s’appuyer sur des méthodes de validation robustes et un vaste ensemble de données métiers spécifiques pour détecter et limiter les “hallucinations”. Mais les explications de Bruce Chan, porte-parole d’Intuit, suffisent-elles à rassurer dans un contexte où l’IA s’invite dans les choix financiers les plus stratégiques? Que se passerait-il en cas d’erreur suite à un mauvais conseil généré par l’IA: Intuit tiendrait-elle vraiment ses garanties de fiabilité ou le client sera-t-il le principal perdant?
L’arrivée de ces services trouve sa place dans un contexte plus large: celui de la ruée des sociétés technologiques et financières vers les modèles de langage génératif. OpenAI, de son côté, ne cache pas ses ambitions d’ouvrir ChatGPT à des applications tierces variées. Intuit, en sa qualité de précurseur, entend bien toucher de nouveaux publics en intégrant ses services directement à la plateforme d’OpenAI. Faut-il y voir une opportunité d’accès facilité pour les petites entreprises ou une stratégie d’expansion visant à créer une dépendance aux outils dopés à l’IA?
Intuit rassure en évoquant l’utilisation parallèle de plusieurs modèles d’intelligence artificielle, qu’ils soient commerciaux ou open source, renforçant ainsi son infrastructure. Mais alors que l’entreprise déploie déjà ChatGPT Enterprise en interne, peut-elle vraiment garantir que la technologie restera un atout interne sans devenir un facteur de risque externe?
Malgré ces développements prometteurs, la question de la transparence reste en suspens: si une décision prise sur la base d’un conseil généré via ChatGPT s’avère erronée, qui doit en porter la responsabilité? Le contrat Intuit-OpenAI scelle-t-il l’avenir de la finance automatisée, ou n’est-il qu’un nouveau terrain d’expérimentation au coût caché?
Source : Techcrunch




