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Credits image : Erik Mclean / Unsplash

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Le cas Navan : la tech peut-elle encore faire confiance aux IPO en pleine incertitude ?

La tech américaine est-elle prête à faire confiance à des entreprises qui choisissent de s’introduire en bourse en pleine incertitude réglementaire ? L’IPO de Navan, la plateforme de gestion des voyages d’affaires et des notes de frais, interroge autant qu’elle surprend, à l’heure où les marchés peinent à retrouver leur enthousiasme d’antan pour les introductions en bourse.

En guise de pionnière, Navan a été la première entreprise à bénéficier d’une nouvelle règle de la SEC (Securities and Exchange Commission) permettant une entrée en bourse même si le gouvernement américain est paralysé. Est-ce la brèche dont rêvaient tant de startups pour échapper à la lourdeur du système habituel ? Ou s’agit-il au contraire d’un saut risqué dans l’inconnu réglementaire ?

La mécanique est audacieuse : plutôt que d’obtenir un aval formel de la SEC, Navan a profité d’une validation « tacite » automatique, vingt jours après avoir déposé sa fourchette de prix d’introduction, faute de personnel pour examiner les dossiers. Mais ce passe-droit inédit comporte une sérieuse contrepartie. Que se passe-t-il si la SEC, une fois de retour aux affaires, découvre des anomalies ou omissions ? Les investisseurs encourent-ils le péril de voir la valorisation s’effondrer, voire d’être entraînés dans des batailles juridiques ?

En contournant la procédure classique, Navan pourrait bien servir de crash test géant pour la nouvelle vague d’IPO tech en période de turbulence politique.

Les chiffres sont révélateurs : dès sa première journée de cotation, Navan termine en baisse de 20 % par rapport à son prix d’introduction, amputant à peine arrivée sa valorisation à 4,7 milliards de dollars. Est-ce la conséquence directe d’une méfiance vis-à-vis des risques réglementaires, ou la sanction d’un marché qui digère encore mal les excès d’enthousiasme des années précédentes ? Le fait que l’essentiel de son dossier ait été examiné avant le début du shutdown apaise-t-il vraiment les craintes ?

Au cœur de cet épisode, une incertitude plane : les autres startups désireuses de tenter leur chance en bourse suivront-elles l’exemple de Navan, ou attendront-elles des jours meilleurs, dans l’espoir de naviguer dans des eaux plus sûres ? Les prochains candidats n’ont que quelques semaines pour décider – franchir le pas avec le risque d’attirer l’attention d’une SEC à retardement, ou retarder encore leur IPO au risque de manquer la fenêtre 2024.

L’histoire de Navan aurait pu être toute autre. L’ex-TripActions envisageait son entrée en Bourse courant 2023 avec une valorisation présumée de 12 milliards de dollars. Son dernier tour de table, à l’automne 2022, laissait espérer une valorisation de 9,2 milliards, et des clients de prestige comme Zoom, OpenAI ou Shopify faisaient miroiter des lendemains radieux pour la plateforme vantant l’automatisation via l’IA et une croissance de chiffre d’affaires de 32 %. Pourtant, à l’heure du bilan, le déficit s’élève à 188 millions de dollars sur douze mois, rappelant que tous les modèles de croissance tech ne se valent pas sur les marchés publics.

Avec des investisseurs historiques comme Lightspeed, Andreessen Horowitz et Oren Zeev parmi ses principaux actionnaires, Navan fait-elle figure d’expérience risquée ou d’éclaireuse pour une nouvelle génération d’introductions en bourse ? Faut-il voir dans la frilosité du marché un simple effet passager, ou le signal d’une transformation profonde du regard des investisseurs sur la tech américaine ?

Au-delà de Navan, n’est-il pas temps de questionner plus largement la façon dont la régulation, la conjoncture politique et l’innovation financière façonnent le destin des licornes prêtes à affronter le grand public ?

Source : Techcrunch

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