Que se passe-t-il vraiment dans les coulisses des géants de l’intelligence artificielle et de leurs start-ups satellites ? Les récents mouvements autour de Thinking Machines Lab, la jeune pousse fondée par l’ancienne CTO d’OpenAI, soulèvent bien plus de questions qu’ils n’apportent de réponses. Assistons-nous à un simple jeu de chaises musicales classique de la tech, ou à la cristallisation de tensions profondes dans l’industrie de l’IA ?
Ce mercredi, Mira Murati, ex-Cheffe de la technologie d’OpenAI et actuelle CEO de Thinking Machines Lab, a annoncé sur X le départ de Barret Zoph, cofondateur et CTO de la start-up. Aucune explication sur la raison de ce départ, ni d’allusion à d’autres mouvements, pourtant tout aussi cruciaux. Pourquoi ce silence sur d’autres figures clés qui quittent elles aussi le navire ? Quelle histoire ne nous raconte-t-on pas, derrière ce laconique post sur les réseaux ?
Le mystère ne fait que s’épaissir lorsque, moins d’une heure après, OpenAI publie fièrement le retour non seulement de Zoph, mais également de Luke Metz (autre cofondateur de Thinking Machines) et de Sam Schoenholz – tous anciens de l’entreprise. S’agit-il réellement d’un recrutement préparé de longue date par OpenAI, ou la conséquence d’un malaise bien réel au sein de la start-up de Murati ? Le départ simultané de plusieurs cerveaux, à peine quelques mois après la création de l’entreprise, est-il un signe fort d’instabilité, ou le reflet d’une guerre des talents qui s’intensifie ?
Si les mouvements de talents sont monnaie courante dans la Silicon Valley, la défection quasi-immédiate de plusieurs cofondateurs pose inévitablement la question des vraies dynamiques internes dans l’IA.
Thinking Machines Lab semblait pourtant tout avoir pour bouleverser le secteur : une levée de fonds record de 2 milliards de dollars avec le soutien d’investisseurs prestigieux (Andreessen Horowitz, Nvidia, AMD…), et une équipe issue des meilleurs laboratoires de l’IA. La valorisation atteignait déjà 12 milliards de dollars au sortir du seed round, de quoi rêver à une fulgurante ascension. Mais un tel départ groupé de leaders fondateurs, auquel s’ajoute celui d’Andrew Tulloch vers Meta quelques semaines plus tôt, ne cache-t-il pas une fracture, voire une crise interne sous-jacente ?
Le flou règne également sur la communication officielle. Tandis que Wired évoque une séparation houleuse entre Zoph et Thinking Machines, aucun détail n’est fourni par l’entreprise. Pourquoi Murati se limite-t-elle alors à un bref message protocolaire ? L’ambiance devient tendue, le silence sur les motifs véritables ne fait que renforcer le soupçon. Un simple « désaccord stratégique » ou un choc de visions sur la direction à donner à l’IA ?
OpenAI, de son côté, semble savourer ce retour de cerveaux issus de son écosystème, tout en gardant un œil sur les nombreux départs qui, depuis plusieurs mois, grèvent aussi ses propres rangs. L’exode des talents de l’IA n’est-il qu’une question de culture d’entreprise, ou doit-on y déceler une lutte féroce pour la mainmise sur les cerveaux, et donc l’avenir même de ces technologies ?
La volatilité du secteur attire l’attention : les talents d’aujourd’hui deviennent les concurrents de demain puis, potentiellement, les alliés du jour suivant. Le secteur de l’IA expérimente-t-il ses propres limites de croissance, ou sommes-nous à l’aube d’une nouvelle vague de recompositions majeures entre laboratoires, start-ups et géants établis ? En définitive, comment expliquer cet enchaînement de départs – individualités ambitieuses ou symptôme d’un mal plus profond ?
Source : Techcrunch




