« Dans le monde des camions autonomes, il ne faut jamais perdre le volant… Même quand il n’y en a pas ! » Voilà ce qui pourrait bien résumer l’humour à froid d’Einride, la startup suédoise qui n’arrête décidément pas d’accélérer avant le feu vert.
La société Einride, fière de ses camions électriques et autonomes (ces véhicules qui n’ont même pas eu la chance de connaître une pédale ou un volant), a annoncé une grosse manœuvre financière : une entrée en bourse via une fusion avec une SPAC, Legato Merger Corp., valorisant l’entreprise à 1,8 milliard de dollars. Pour ceux qui n’auraient pas fait SPAC LV2 : c’est un peu comme le permis B, mais pour les entreprises qui veulent griller la file d’attente du Nasdaq, sans passer par toutes les auto-écoles réglementaires de la cotation traditionnelle.
Attendez, ce n’est pas tout. Après avoir, il y a à peine six semaines, levé 100 millions de dollars auprès d’investisseurs, Einride prévoit de récolter 219 millions supplémentaires, sans compter une quête de 100 millions de dollars en capital PIPE (Private Investment in Public Equity, mais on n’est pas là pour un quiz financier non plus).
Einride met les gaz : du financement, des contrats partout, mais la route vers Wall Street est encore longue.
Si tout se passe comme prévu, ce convoi de cash devrait amener Einride jusque sur les routes sacrées de la Bourse de New York… Mais pas avant la première moitié de 2026. Eh oui, patience est camionneuse ! En quelques années, la société est passée du rêve scandinave à la conquête des territoires : plus de 200 camions lourds électrisent déjà les routes européennes, américaines, et du Moyen-Orient pour des marques comme Heineken, PepsiCo ou encore Carlsberg Sweden. Tout ça, sans conducteur et (presque) sans fioritures.
Fait amusant, et preuve que le monde de la tech est un éternel recommencement, le secteur des camions autonomes semble beaucoup aimer le SPAC. Après Aurora et Kodiak AI qui ont, eux aussi, pris l’autoroute du marché public en fusionnant avec des SPACs (et ils valent un joli paquet de milliards eux aussi), Einride suit ce convoi à grand renfort d’annonces fracassantes, de chiffres à donner le tournis et de promesses de révolutionner la logistique mondiale… Encore et toujours !
Il ne faut pourtant pas oublier que derrière la grosse cavalerie, le vrai défi reste de transformer l’essai : la société, qui réalise aujourd’hui un chiffre d’affaires récurrent de 45 millions de dollars, doit maintenant prouver qu’elle peut tenir la distance et, surtout, ne pas finir sur la bande d’arrêt d’urgence comme tant d’autres avant elle. Mais n’est-ce pas là la promesse implicite de toute startup qui se respecte ? Rêver, lever, rouler… et recommencer.
Reste à voir si, lors de cette future introduction en bourse, Einride parviendra à rester sur les rails – ou plutôt, sur la voie rapide. Entre les levées de fonds, les contrats signés et la fuite en avant vers Wall Street, difficile de savoir qui conduit vraiment le camion. Une seule chose est sûre : à la vitesse où vont les choses, il vaudrait mieux qu’il soit électrique… sinon, gare au coup de la panne sèche.
En tout cas, l’histoire d’Einride prouve une chose : dans la tech, parfois, prendre la route sans volant, c’est peut-être la seule façon d’éviter les virages dangereux… ou de finir dans un mur. Roulez jeunesse !
Source : Techcrunch




