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Intelligence Artificielle
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SAP : la stratégie défensive de l’IA structuré ouvrira-t-elle la voie à une nouvelle domination européenne ?

Faut-il s’inquiéter de la lenteur de l’adoption de l’intelligence artificielle dans les grandes entreprises européennes, alors même que tout le secteur s’y engouffre ? Tandis que le COO d’OpenAI admettait récemment que « l’IA n’avait pas encore vraiment pénétré les processus métier des entreprises », SAP, géant européen du logiciel, multiplie les initiatives pour ne pas rester à la traîne. Mais que révèle la dernière acquisition de l’Allemand sur les fissures et les ambitions de tout un secteur en plein bouleversement ?

Cette semaine, SAP a annoncé l’achat de la jeune pousse allemande Prior Labs, spécialisée dans les fondations d’IA adaptées à la donnée structurée – ces fameux tableaux et bases de données au cœur des process métier. Si le montant précis reste secret, le groupe promet une injection d’un milliard d’euros sur quatre ans pour transformer la startup, créée il y a seulement 18 mois, en laboratoire européen d’IA de pointe. Pourquoi un tel pari alors que SAP est sous pression boursière, victime collatérale de la « SaaSpocalypse » qui secoue les géants du cloud ?

Les détails de l’opération en disent long : selon les sources, il s’agit d’un rachat quasi intégral en cash, offrant un « exit » rare aux fondateurs Frank Hutter, Noah Hollmann et Sauraj Gambhir. Pourquoi SAP mise-t-il justement sur la technologie des tabular foundation models (TFMs) de Prior Labs ? Les modèles linguistiques, stars de l’IA grand public, sont-ils moins pertinents pour les réalités complexes de l’entreprise, où la donnée structurée règne en maître ?

SAP mise sur l’IA structurée pour rester dans la course, mais impose des règles strictes à ses partenaires et clients.

Mais SAP ne se contente pas de jouer l’innovateur. Le groupe verrouille désormais l’accès de ses API, bloquant OpenClaw et autres agents autonomes non explicitement approuvés. Cette défense face à l’« agentic AI », qui promet des logiciels de plus en plus automatisés et indépendants, ne risque-t-elle pas de freiner l’innovation ou de frustrer les clients ? La politique d’ouverture affichée par rival Salesforce, qui laisse les entreprises choisir leurs agents IA (OpenClaw en tête), souligne un choix stratégique : contrôle ou liberté ?

Côté techno, SAP cherche à tout prix à conserver son avance et son agilité en investissant aussi dans d’autres pépites de l’IA générative, d’Anthropic à Aleph Alpha jusqu’à Cohere, qui visent ensemble le statut de géant mondial de l’IA. Pour autant, la priorité semble claire : la véritable opportunité réside moins dans le langage que dans l’exploitation intelligente de la donnée structurée, comme l’évoque son CTO, Philipp Herzig. Mais la concurrence se réveille : des startups comme Neuralk-AI ou Fundamental lèvent déjà des montants impressionnants pour conquérir ce terrain.

Le rachat de Prior Labs n’est-il alors qu’un raccourci stratégique ou le début d’une nouvelle ère ? La start-up affirme que ses modèles open source ont déjà séduit la communauté (plus de trois millions de téléchargements), et SAP promet de préserver cette ouverture, tout en accélérant la transformation de ses produits via SAP AI Core et son agent maison Joule. Parviendra-t-elle à faire émerger un « frontier AI lab » qui rivalisera enfin avec la Silicon Valley ?

Finalement, alors que le marché s’agite autour des choix de SAP – ultra-protecteur de ses écosystèmes face à la vague des agents intelligents – une question demeure : dans cette course à l’IA « maison », les géants européens doivent-ils fermer leurs portes aux innovations externes au profit d’une souveraineté techno, ou risquent-ils de s’isoler d’un monde qui, lui, ne cesse de s’ouvrir ?

Source : Techcrunch

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