« L’intelligence artificielle, c’est un peu comme le fromage : plus ça mûrit, plus ça pue la polémique !» Voilà, chers lecteurs, une vérité à la fois savoureuse et piquante pour comprendre le dernier feuilleton judiciaire digne d’un scénario cyberpunk. Cette fois-ci, Elon Musk joue les justiciers en tentant de remettre OpenAI dans le droit chemin… ou plutôt sur le sentier de l’altruisme, loin des sirènes du profit.
Tout ce beau monde se tire la barbe sur une question cruciale : l’IA va-t-elle mettre l’humanité en danger, ou bien sommes-nous en train d’assister à un show business où la peur de la machine sert surtout à remplir les portefeuilles ? C’est le grand argument des avocats de Musk, qui déroulent des mails de jeunesse façon « back to the future », prouvant que la noble mission d’OpenAI a viré à la chasse aux dollars, tel un robot scannant les soldes du Black Friday.
Pour pimenter l’affaire, la cour a fait appel à Stuart Russell, professeur à Berkeley et vétéran du débat sur l’IA qui fait autant recette en open letters qu’un chef dans un food truck étoilé. Sur le banc des témoins, Russell ressort sa pancarte « pausez tout! » (il avait signé un appel à geler la recherche sur l’IA), rappelant à tous – y compris Musk, paradoxalement lanceur de xAI – que la sécurité doit primer sur la compétition de type « celui qui appuie sur le bouton rouge gagne ».
Quand on crie au loup derrière un robot, il ne faut pas oublier de regarder qui tient la manette.
Mais hélas – ou heureusement pour l’équilibre du procès – le juge a coupé court aux envolées existentielles de Russell. À défaut de crier « IA, danger de mort » en audience, Russell continue hors tribunal de fustiger le climat de course aux armements techno-milliardaires, appelant de ses vœux une réglementation mondiale, histoire de ne pas finir avec une IA qui choisirait elle-même les règles du Monopoly.
La défense d’OpenAI a, de son côté, insisté sur le fait que Russell n’était pas là pour faire le bilan de gouvernance ou pour inspecter la cave à secrets du conseil d’administration. Bref, la neutralité du témoin faisait presque plus d’ombre que la silicon touch d’Elon Musk lui-même.
Derrière ce théâtre digne d’un roman de gare pour robots, reste une question : OpenAI n’a-t-il pas succombé, comme tant d’autres, à l’appel irrésistible de l’argent frais pour acheter des supercalculateurs, quitte à sacrifier la belle idée initiale sur l’autel des licornes ? C’est le grand paradoxe qui plane sur cette affaire, un peu comme un drone hors de contrôle.
En fait, même les sénateurs américains veulent mettre leur grain de sel : Bernie Sanders, par exemple, rêve d’une moratoire sur les data centers, en citant forcément Musk, Altman et Cie… mais toujours les jours où ils se transforment en prophètes de l’apocalypse, pas quand ils parlent de lendemains qui chantent grâce à l’IA. Une logique à la carte que certains critiquent, se demandant pourquoi on écoute nos milliardaires seulement quand ça arrange le débat.
En fin de compte, la justice est priée de jouer à l’équilibriste : retenir les paroles alarmistes d’Altman ou Musk quand elles appuient un argument, les oublier quand elles nuisent à la cause. La jurisprudence Schtroumpf, quoi ! Allez, il faut bien se rendre à l’évidence : l’intelligence artificielle, c’est comme la politique, il y a beaucoup de bruit pour pas beaucoup de processeurs… et tout le monde veut être le chef d’orchestre du cirque !
Source : Techcrunch




